Calais : le maire Natacha Bouchart tente d’empêcher les migrants de profiter de l'aide humanitaire

Calais : le maire Natacha Bouchart tente d’empêcher les migrants de profiter de l'aide humanitaire
Des migrants préparent un repas lors de l'évacuation de la «Jungle» de Calais en octobre 2016, photo ©PHILIPPE HUGUEN / AFP

C'est la guerre entre les associations, l'Etat et Natacha Bouchart, maire de Calais. Cette dernière ne veut pas que de la nourriture soit distribuée aux migrants. Pour elle, l'aide humanitaire encourage la venue d'un nombre croissant de réfugiés.

A Calais, la question des migrants continue de diviser les pouvoir publics. En désaccord avec les association humanitaires et avec le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, le maire de la ville, Natacha Bouchart, a dégainé l'arme de l'arrêté municipal. L'édile ne veut pas que des repas soient distribués aux migrants.

La veille, en visite à Calais, Bruno Le Roux s'était dit opposé à l'installation de «tout nouveau campement», soulignant que ce serait «un forme d'appel» aux migrants. «Nous n'empêcherons pas la distribution de repas, mais nous nous opposerons fermement à tout ce qui fait fixation», avait encore précisé le ministre de l'Intérieur.

Une prise de position du locataire de la place Beauvau qui contredit le point de vue de Natacha Bouchart. Cette dernière est en effet «personnellement opposée, même si c'est humainement difficile à dire» à toute forme d'assistance humanitaire, telle que les douches ou l'aide alimentaire.

Les associations humanitaires intervenant auprès des migrants avaient alors fait part de leur intention de passer outre et de continuer à apporter leur aide, comme le rapporte La Voix du Nord, contraignant Natacha Bouchart à répliquer par un arrêté.

Ce n'est pas la première fois que Natacha Bouchart, confrontée à la crise migratoire, s'oppose aux représentants de l'Etat, mais sa position a souvent varié. En octobre 2016, elle avait déjà eu recours à un arrêté municipal, seule «arme juridique en [sa] possession», pour tenter d'empêcher la construction d'un mur anti-intrusion destiné à protéger la rocade portuaire de Calais. L'Etat était passé outre et en décembre 2016, la construction du mur était achevée. 

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