La vérité est ailleurs : quand Florian Philippot qualifie l'AFP de «fake news»

La vérité est ailleurs : quand Florian Philippot qualifie l'AFP de «fake news»
Capture d'écran du site de l'AFP

A bien des égards, la vie politique française est influencée par ce qui se passe outre-atlantique. Dernière invention des médias mainstream, la notion controversée de «fake news» s'installe dans le débat politique. Contre les médias eux-mêmes

Décidément, la campagne présidentielle tout comme la société française semblent sous influence américaine. Dans le sillage de Donald Trump, qui a retourné l'expression de «fake news» contre les médias mainstreams américains qui l'avaient inventée, afin de lutter contre la concurrence des réseaux sociaux et des sites d'information alternatifs, c'est Florian Philippot qui s'en saisit à son tour.

Echaudé par une infographie de l'AFP intitulée L’essentiel des programmes des principaux candidats, le vice-président du Front national (FN), la jugeant trompeuse et ne reflétant pas assez fidèlement les propositions de son parti, a posté un tweet accusateur : «Sinon, pour savoir vraiment ce que nous proposons : Marine2017.fr rubrique "Projet" Directement à la source. Plus fiable que les Fake News».

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le FN se saisit de cette arme pour la retourner contre les médias. Le 25 janvier 2017, Marine Le Pen avait déjà recadré un journaliste d'Europe 1 sur la question du SMIC, jugeant qu'il ne présentait pas le programme du FN de façon correcte : «C’est grave car les Français ne peuvent pas prendre des décisions si on leur donne des fausses informations. Des "fake news", comme on dit maintenant», avait elle lancé.

Le récit que font les médias des démêlés des eurodéputés du FN avec l'Organisme de lutte antifraude européen, l'Olaf, n'a pas plu non plus au Front national.

Le phénomène des «fake news» a en effet pris son essor très récemment : au lendemain de l'élection de Donald Trump. La plupart des médias mainstream, qui soutenaient Hillary Clinton, ont mis en cause les électeurs eux-mêmes pour expliquer la défaite imprévue de leur favorite, les accusant d'avoir mal voté.

Par la suite, une fois la sidération passée, une explication moins stigmatisante a émergé, plus rationnelle : les électeurs américains ont mal voté parce qu'ils ont été mal informés. Sur la base de ce postulat, les initiatives des médias historiques se multiplient, à l'instar du «Decodex» lancé par Le Monde, associant même les géants d'internet tels que Google ou Facebook dont l'objectif est de conserveur leur monopole sur l'information.

Le 27 février 2017, aboutissement de cette réflexion, le site Crosscheck devrait être en ligne et opérationnel. La plateforme se présente comme un vérificateur d'infos. Parmi les partenaires : Libération, Le Monde, mais aussi... l'AFP.

Alors que l'expression «fake news» fait florès, il n'est pas à exclure qu'elle échappe en France à ses créateurs – les médias – comme cela s'est produit aux Etats-Unis, où CNN est constamment accusée de propager de fausses informations.

Lire aussi : «Fake news» : les médias mainstream français s'allient avec Google et Facebook pour cadrer l'info

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