Valls tire à boulets rouges sur le revenu universel d'Hamon... qu'il défendait il y a trois mois

Valls tire à boulets rouges sur le revenu universel d'Hamon... qu'il défendait il y a trois mois© Christian Hartmann Source: Reuters
Manuel Valls

Ce qui était une «grande innovation sociale» pour le Premier ministre Manuel Valls est aujourd'hui symbole d'une «société de l'assistanat» ainsi qu'une mesure qui «ruinerait le pays» pour le candidat à la primaire. Retour sur un changement de cap.

Docteur Ministre et Mister Primaire ? Le changement d'opinion de Manuel Valls concernant le revenu universel a été radical, en à peine trois mois. Si aujourd'hui cette mesure proposée par Benoît Hamon constitue l'axe d'attaque principal de son rival à la primaire de la gauche, entre septembre et octobre le Premier ministre d'alors avait âprement défendu cette «allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans, pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant», selon ses propres propos.

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L'idée avait notamment été promue lors d'un discours prononcé en Gironde, en octobre, au cours duquel le Premier ministre avait déclaré vouloir «assurer un revenu à tous et à tout moment». 

Mais entre-temps, Manuel Valls a démissionné de son poste et est devenu candidat à la primaire de la gauche, avec comme challenger Benoît Hamon, qui a fait du revenu universel une mesure phare de son programme. Alors, l'ex-Premier ministre a abondamment attaqué la mesure, n'hésitant pas à contredire ses déclarations passées. 

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Si en septembre, Manuel Valls affirmait ne pas accepter «que l’on traite "d’assistés" plus de 8 millions de compatriotes [...] car c’est faire injure à des femmes, des hommes, des enfants pour qui la vie est dure», il disait, quatre mois plus tard refuser cette mesure défendue par Benoît Hamon, assurant qu'il n'était «pas pour une société de l'assistanat ou du farniente».

«Vous ne ferez croire à personne que j'ai défendu l'idée d'un revenu universel à 350 milliards d'euros»

En octobre, le Premier ministre avait même, lors d'un discours à Bordeaux, fait la promotion de l'expérimentation du revenu universel. «Le revenu universel que je défends, c'est la garantie d'un revenu pour tous et à tout moment, la garantie d'une continuité en cas de coup dur, une sécurité nouvelle face aux risques nouveaux de précarité», avait-il affirmé.

Mis devant ses contradictions par les journalistes de France Info, le candidat à la primaire a nié en bloc en déclarant qu'il n'avait jamais été question de donner un revenu à tous sans conditions, mais de mettre en place un «revenu décent», moins coûteux que la mesure proposée par Benoît Hamon. «Vous ne ferez croire à personne que j'ai défendu l'idée d'un revenu universel à 350 milliards d'euros», a-t-il déclaré. 

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Les deux candidats s'affronteront lors du second tour de la primaire de la Belle Alliance populaire le 29 janvier, scrutin à l'issue duquel sera désigné le candidat socialiste pour la course à la présidentielle. Selon les sondages, les deux candidats seraient tous deux donnés perdants dès le premier tour du scrutin qui se tiendra le 23 avril prochain. 

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