«Bidouille», «classique du PS», «COCOE» : réactions politiques aux chiffres douteux de la primaire

«Bidouille», «classique du PS», «COCOE» : réactions politiques aux chiffres douteux de la primaire Source: AFP
«Magouille», «bidouille», «parti de la fraude», «décrédibilisation»... les critiques fusent contre le Parti socialiste

De gauche à droite, et y compris au Parti socialiste, le cafouillage autour des chiffres de la participation à la primaire de la gauche a fait réagir les politiques. Pour la majorité d'entre eux, le scrutin est décrédibilisé.

C'est toujours le flou total ce lundi 23 janvier, au lendemain du premier tour de la primaire de la gauche. Les chiffres de la participation continuent de faire l'objet de tous les soupçons, car ceux-ci auraient été artificiellement gonflés pendant la nuit - sans pour autant que les résultats respectifs des candidats ne bougent d'un pouce.

Si la Haute autorité de la primaire a tout d'abord évoqué un «bug», Christophe Borgel a, un peu plus tard, avancé une «connerie d'un salarié». Face aux suspicions qui continuent d'enfler, les adversaires politiques du PS ne se sont pas privés de tourner en dérision un incident dont le parti se serait bien passé.

Du côté du Front national, Florian Philippot estime que ce cafouillage fait la démonstration que les socialistes «bafouent» les valeurs républicaines.

David Rachline, sénateur-marie de Fréjus, établit un parallèle avec «les bidouillages des chiffres du chômage».

Bien évidemment, les Républicains n'ont pas manqué de pointer du doigt ce dysfonctionnement, allant parfois, comme Dominique Bussereau, jusqu'à ironiser sur leurs propres déboires passés - lors du vote pour la désignation du président de l'UMP, un litige de voix entre François Fillon et Jean-François Copé avait mis la fameuse COCOE sur le devant de la scène.

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, ne voit rien de surprenant dans ce cafouillage électoral, estimant que le PS s'est distingué comme étant «le parti de la fraude».

Geoffrey Carvalhinho, chef des jeunes Républicains, affirme que la gauche aurait crié au scandale si la droite, lors de sa primaire, avait également «manipulé les chiffres».

Jean-Luc Mélenchon a évoqué un «classique du PS». «Personne ne savait, les sondeurs relativisaient. Mais seul Christophe Borgel savait, à la centaine de milliers près, trois jours avant, combien il y aurait de votants», a déclaré le candidat de la France insoumise. «Et sa prophétie s’est exactement vérifiée. Parce qu’il est proche du terrain et des vrais gens», a-t-il ironisé.

Le manque de transparence du résultat a agacé jusque dans les rangs du Parti socialiste. «Les atermoiements sur le nombre de votants décrédibilisent la démarche de la primaire» a admis Barbara Romagnan, députée du Doubs et soutien de Benoît Hamon, au micro de LCP.

Chez Europe Ecologie - Les Verts, la sénatrice Esther Benbassa a également gratifié le Parti socialiste d'un trait d'humour piquant, se demandant si les électeurs pouvaient encore «compter» sur lui.

Maurice Leroy, porte-parole du Nouveau centre, a exhumé pour l'occasion une vieille citation de Martine Aubry, qui avait fait les frais d'un décompte de voix douteux en 2008 lors du congrès du PS.

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