Migrants en Ile-de-France : les maires «gueulent», le préfet de région «s'en fout»

Migrants en Ile-de-France : les maires «gueulent», le préfet de région «s'en fout»
Le préfet de Région Jean-François Carenco lors d'une évacuation du camp de Stalingrad, en mai 2016, photo ©Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Le préfet de région, comme les autres préfets qui sont sous ses ordres ne répond qu'au sommet de l'Etat. Et l'Etat a donné une mission à Jean-François Carenco : loger les migrants. Les maires et leurs administrés devront s'y faire.

Le préfet de la région Ile-de-France, Jean-François Carenco, a une conception spéciale de la démocratie. Les protestations d'une partie des maires – et de la population – contre l'arrivée en grande couronne de migrants délogés du camp de Stalingrad dans le nord de Paris, ne le déstabiliseront pas : «Je vais installer des centres. Beaucoup gueulent pour la forme. Je m'en fous !», lance le représentant de l'Etat – mais aussi celui du peuple souverain – droit dans ses bottes.

Ce préfet qui se décrivait en 2010 comme un «malade de la République» précise ainsi sa pensée : «Les gens ont peur de tout. On verra qui râlera vraiment lorsque ce sera fait et combien de temps». Et pour les maires qui auraient des réserves, ce sera la même chose : «Ils sont minoritaires». Aussi, le préfet ne compte pas perdre de temps à faire de la pédagogie. «Je ne vais pas commencer à en parler six mois à l'avance. Je préviendrais trois mois à l'avance», coupe-t-il. «Après ce sera à chaque préfet [de département] de communiquer», décrète-t-il avant d'ajouter : «ou pas».

Après tout, rien n'oblige le préfet à prendre des gants ou à se montrer conciliant. Au contraire, il se dit prêt à passer outre l'avis des maires et à avancer au pas de charge. «Le plus vite possible», précise le fonctionnaire qui s'était fait flasher pour excès de vitesse en 2013, alors qu'il était préfet de la région Rhône-Alpes et qu'il venait juste de prendre des mesures pour lutter contre les excès de vitesse.

Jean-François Carenco se dit enfin prêt à réquisitionner des «anciens hôtels, des anciennes casernes de gendarmerie, [et à] faire installer des structures modulaires» car, selon lui, la vague migratoire n'est pas près de se tarir et il faut se préparer à en accueillir toujours plus. «Le monde est comme ça», conclut-il.

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