François Hollande se fait le chantre de la démocratie mais ne veut toujours pas de référendums

Photo ©Stéphane de Sakutin/Pool/AFP
Photo ©Stéphane de Sakutin/Pool/AFP

Lors d'un colloque à l'Assemblée nationale, le président de la République s'est fait le défenseur des institutions, le chantre de la démocratie et a appelé à mieux associer les citoyens aux prises de décisions les concernant.

«Il y a le droit de pétition que nous devons reconnaître et le Parlement pourrait être tenu d'organiser un débat dès lors que 500 000 signatures auraient été recueillies sur une proposition», a suggéré le président de la République, avec des accents de candidat, parmi une série de propositions visant à renforcer, selon lui, la participation des citoyens aux grandes décisions, au-delà des seuls rendez-vous électoraux : «C'est la démocratie qui doit être revivifiée, repensée et revisitée par rapport à nos procédures, à nos règles, à nos manières de fonctionner.»

François Hollande, gardien des institutions

Dont acte. Une réforme constitutionnelle, dont le rôle est, précisément, de fixer lesdites règles et procédures serait-elle en vue ? Non : «Les institutions de la Ve République sont solides et adaptées aux circonstances», a dans le même temps réaffirmé François Hollande, notant, par ailleurs, l'«exaspération» des Français et prenant note de la «crise sourde et larvée» qui à ses yeux menace le pays.

En résumé, les institutions sont bonnes et les pouvoirs étendus conférés au président de la République, que les manuels de droit constitutionnel qualifient parfois de «monarque élu», donnent selon le chef de l'Etat «les moyens d'agir vite quand l'essentiel est en jeu».

Un discours de candidat 

La candidature de François Hollande est encore une hypothèse, même si, ça et là, de nombreux signes indiquent que le président se préparerait à l'annoncer. Aussi, après la publication d'un long entretien dans la très élitiste revue Le Débat éditée par Gallimard en septembre dernier, François Hollande continue donc de lancer des ballons d'essai et de forger ce qui ressemble à un programme politique, quitte à formuler des propositions contradictoires dans un seul et même discours.

Et de couper l'herbe sous le pied de potentiel concurrents, tel le quasi-candidat Emmanuel Macron, qui se pose lui aussi en rénovateur de la démocratie française. L'ex-ministre de l'Economie dénonce pour sa part une démocratie confisquée et appelle à la fondation d'une VIe République. S'accaparant au passage un thème cher à Jean-Luc Mélenchon. Aussi, François Hollande s'est-il gaussé des «propositions qui abondent en ce moment». «Ce doit être la période», a-t-il glissé avec malice.

Réservant quelques-unes de ses flèches à ses rivaux de droite – au cas où il annoncerait sa candidature – François Hollande s'est attaqué à Nicolas Sarkozy, partisan d'un usage plus fréquent du référendum. «L'Histoire devrait être bonne conseillère», rappelant le référendum sur le Brexit et celui sur le traité constitutionnel européen rejeté par les Français en 2005.

Plus de démocratie oui, mais pas de référendums

François Hollande a également fustigé une droite qui voudrait contourner le peuple «pour mettre en cause le modèle social» français. «Ils pourraient contourner le peuple mais ils vont le retrouver dans la rue», a-t-il averti. Les manifestants contre la loi travail, passée grâce au recours à l'article 49.3 de la Constitution et les quelque 1,4 million de signataires de la pétition contre la loi El Khomri apprécieront les détours rhétoriques du président.

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