Présidentielle : François Hollande «se méfie» de Manuel Valls

Photo ©Stéphane de Sakutin/AFP
Photo ©Stéphane de Sakutin/AFP

Coincé dans son rôle de Premier ministre et tenu à la loyauté, Manuel Valls est enfin parvenu, en se posant en recours de François Hollande, à se créer un espace où manœuvrer. Mais il s'est fait repérer par le radar du président.

«Il faut que je me méfie», c'est ce que François Hollande a confié à des «visiteurs» au sujet de Manuel Valls, selon Le Monde daté du 6 octobre qui rapporte ces propos.

Manuel Valls chercherait-il donc à se positionner pour la présidentielle au point de devenir un danger pour François Hollande, au moment même où ce dernier tente de créer les meilleures conditions possibles pour annoncer sa candidature ? Ce qui est certain, c'est que le Premier ministre s'active beaucoup ces derniers temps. Coincé dans son rôle de Premier ministre et tenu à la loyauté, indissociablement lié dans les sondages – que ce soit à la hausse ou à la baisse – au président, l'avenir politique de Manuel Valls paraissait des plus bouchés.

Mais l'ancien ministre de l'Intérieur est parvenu à sortir de la paralysie en se créant un espace pour manœuvrer. Si petit soit-il, l'actuel Premier ministre semble bien essayer d'en tirer le maximum. En témoigne une liste de déclarations et de signes qui s'allongent, une activité intense qui n'a pas échappé aux observateurs, pas plus qu'à François Hollande, fin stratège politique.

Une marge de manœuvre étroite pour Manuel Valls

Depuis le discours de Colomiers, le 29 août dernier, Manuel Valls met en effet à profit un positionnement ingénieux : tout en réaffirmant sa loyauté à François Hollande, il se tient prêt pour la présidentielle de 2017, au cas où le président en exercice renoncerait à briguer un second mandat.

Seulement voilà, petit à petit, Manuel Valls élargit cet espace et s'aventure au-delà. Lors du séminaire de rentrée des députés socialistes, Manuel Valls avait appelé son camp à arrêter la «machine à perdre» et prévenu : «Oui la gauche [...] peut mourir». Une machine à perdre en raison de ses divisionsou une machine à perdre en raison d'une candidature de François Hollande ? Une déclaration, alors ambiguë, qui se fait plus claire aujourd'hui.

Le 1er octobre, Manuel Valls est fait prendre pour de bon par le radar du président. Le matin, il s'affichait en Bretagne à la barre d'un navire, se posant en capitaine, aux côtés du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian.

Et le soir même, Manuel Valls organisait un cocktail à l'hôtel Matignon, officiellement pour préparer le conseil national du Parti socialiste (PS) mais en réalité pour compter ses troupes. «A chaque fois que [François] Hollande se met en mouvement, [Manuel] Valls fait de même dans la foulée», relève un proche du président cité par Le Monde.

Mais pour le Premier ministre, c'est une question de survie politique. Si Manuel Valls ne bougeait pas, son destin resterait lié à celui de François Hollande. «L'Etat d'esprit actuel de Manuel, c'est en quelque sorte "je voudrais bien y aller, mais je ne peux point"», résume l'un des invités du coktail.

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