Entraîné par le président en chute libre dans les sondages, Manuel Valls n'y croit plus

Illustration ©Reuters
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C'est l'histoire de Hollande et de Valls dans un bateau... Alors que les deux têtes de l'exécutif sombrent de concert dans les sondages, le Premier ministre, sous des accents combatifs, livre un constat pessimiste des chances de l'emporter en 2017.

«Si on ne bouge pas, la gauche disparaîtra ! [...] Si on ne bouge pas, la gauche, la gauche de gouvernement, la social-démocratie laissera les Français seuls. Seuls, face à un choix amer : la droite dure ou l'extrême droite !», s'est alarmé Manuel Valls lors du séminaire de rentrée des députés socialistes, pointant les périls qui attendent les Français en cas de défaite de la gauche en 2017. Et, à vrai dire, les dangers qui menacent plus particulièrement les tenants du pouvoir : «Oui la gauche [...] peut mourir», a-t-il prévenu, appelant son camp à arrêter la «machine à perdre». Manuel Valls croit-il encore aux chances de François Hollande de l'emporter ?

Des questions très rhétoriques

«Peut-on se permettre le luxe de la division ?» s'est-il interrogé. «Peut-on, sans le moindre état d'âme parier sur la défaite du PS ?» Et si la réponse aux questions de Manuel Valls était «oui» ? Car, derrière la posture combative, avec ses questions rhétoriques auxquelles il suffit d'enlever leur point d'interrogation, Manuel Valls dresse en réalité un constat désabusé : celui de l'état de division dans lequel la gauche se trouve, alors que la campagne pour l'élection présidentielle se dessine à l'horizon et que la «pré-campagne» monte en puissance. 

Tout à la défense de son président, Manuel Valls a ainsi réservé quelques-unes de ses flèches à Emmanuel Macron, dont la démission a encore fragilisé François Hollande, estimant qu'«être candidat, ça ne s'improvise pas».

Un appel à l'unité pour conjurer les divisions ?

Aussi Manuel Valls a fustigé ceux qui passent «un week-end entier à expliquer que le président ne peut pas être candidat», faisant allusion, notamment, aux déclarations du chef de file des frondeurs du Parti socialiste (PS), Christian Paul, qui avait jugé dans le Journal du dimanche une candidature de François Hollande «impossible», évoquant  «l'impuissance» et le «fossé entre les discours et les actes» du président de la République.

Et renvoyant aussi ce dernier à ses déclarations rapportées par Le Monde du 3 septembre dernier : «Si vraiment la gauche s'organise pour perdre, quel que soit le candidat, les bonnes volontés, les initiatives, c’est quand même un sujet de réflexion. Je ne serai pas candidat pour perdre. Etre candidat, ce n'est pas vouloir figurer, témoigner. C'est vouloir gagner.»

Plombés par une volée de sondages défavorables

Seulement voilà, tout les indicateurs sont au rouge. Les derniers sondages sont inquiétants, pour ne pas dire catastrophiques. Deux enquêtes publiées coup sur coup confirment la baisse continue des cotes de popularité du couple en charge de l'exécutif, les deux dirigeants apparaissant irrémédiablement liés l'un à l'autre.

Ainsi, selon un nouveau sondage Ipsos publié par Le Point, François Hollande ne recueillerait plus que 15% d'opinions favorables et Manuel Valls le suit toujours, chutant à seulement 23% de sondés se déclarant satisfaits de son travail. Enfonçant le clou, un autre sondage, commandé à l'Ifop par Sud Radio et Lyon Capitale, donne Hollande et les candidats de gauche éliminés dès le premier tour de l'élection présidentielle. Et ce, quel que soit le cas de figure.

Dans tous les scénarios proposés par l'institut de sondage aux personnes interrogées, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et même Bruno Le Maire battraient ainsi Hollande pour affronter Marine Le Pen au second tour. Pire, selon encore un autre sondage, à gauche, le président-candidat serait même battu par Emmanuel Macron, se plaçant de justesse devant Jean-Luc Mélenchon.

Mais il semble que François Hollande ait fini de tergiverser et que le moment de vérité approche. Selon Didier Guillaume, un proche de François Hollande, ce dernier va se jeter dans la mêlée et briguera bien un deuxième mandat. « Il sera candidat parce qu’après avoir affronté le terrorisme et les grandes crises, il aura besoin de donner son idée de la France [...] Je pense que non seulement il le peut, mais il le doit», a ainsi déclaré le président du groupe socialiste au Sénat.

Les conditions semblent donc réunies pour l'affrontement, la candidature de François Hollande étant tout sauf l'indication d'un retour prochain à l'unité. Pire, certains se demandent même si la gauche s'en relèvera.

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