Sarkozy veut que les Anglais revotent sur le Brexit et remettre la Turquie à sa place, en Asie

© Martin Bureau Source: AFP

L'ancien président a promis que s'il reprenait les rênes de la France en 2017, il proposerait un nouveau vote sur le Brexit, après avoir au préalable renégocié un nouveau traité avec Bruxelles en s'assurant de mettre fin aux négociations avec Ankara.

«Je dirai aux Britanniques, vous êtes sortis, mais nous avons un nouveau traité sur la table donc vous avez l’opportunité de voter à nouveau» : c'est ce qu'a affirmé Nicolas Sarkozy, rapporte le quotidien britannique The Financial Times du 28 septembre.

En effet, le candidat à la primaire de la droite a promis que s'il était élu président en 2017, il négocierait un nouveau traité visant à réformer l’espace Schengen, à restreindre les pouvoirs de la Commission européenne et à intégrer davantage la zone euro.

L'ancien président envisage par ailleurs de mettre fin aux négociations pour l’accession de la Turquie à l'Union européenne. «Peut-être serait-il temps de dire à la Turquie que sa place est en Asie […] Je suis un fervent Européen, je n’accepterai jamais de quitter l’euro, mais l’Europe ne fonctionne pas du tout», a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'une fois que le traité serait renégocié, il inviterait les Britanniques à revoter au sujet de la sortie de l'UE. «Mais cette fois, pas sur la vieille Europe, sur la nouvelle Europe. Vous voulez rester ? Si oui, tant mieux. Parce que je ne peux pas accepter de perdre la deuxième plus importante économie [de l’Union européenne] pendant que nous négocions avec la Turquie sur son accession à l’Union européenne. Et si c’est non, alors c’est vraiment non. Soit vous êtes dedans, soit vous êtes dehors», a précisé l'ancien chef d'Etat.

La Grande-Bretagne n'a pas réagi

Le gouvernement britannique n'a pas réagi à la proposition de Nicolas Sarkozy.

Le 23 juin, une majorité de Britanniques s’est prononcée en faveur du Brexit à l’issue d’un référendum. Impliquant notamment de nombreuses renégociations d’accords de libre-échange ou de libre-circulation, le processus de retrait de l’Union européenne s’annonce long et fastidieux pour la Grande-Bretagne.

Le nouveau Premier ministre Theresa May a indiqué qu’elle n’entamerait pas la procédure avant fin 2016. L’article 50 du traité de Lisbonne, qui réglemente la sortie de l’Union, lui donne deux ans pour prendre la porte de l'UE.

Lire aussi : Brexit et après ? Quelles sont les étapes du chemin de croix qui attend le Royaume-Uni?

Pendant ce temps, les négociations entre Bruxelles et Ankara tournent au ralenti

Si les discussions visant à intégrer la Turquie au sein de l’Union européenne sont toujours d’actualité depuis leur commencement en 1999, elles tournent depuis peu au ralenti.

En effet, Bruxelles et Ankara n’ont de cesse de s’accuser mutuellement de ne pas respecter leurs engagements quant à un accord conclu en mars 2016, visant à mettre un frein à l’afflux de migrants qui rejoignent le continent européen. La Turquie avait consenti à renforcer l'étanchéité de ses frontières alors que l’Union européenne devait de son côté assouplir sa politique en matière de visa pour les ressortissants turcs.

La situation s’est encore tendue après le putsch manqué du 15 juillet contre le président turc Recep Tayyip Erdogan et la répression qui s’en est suivie, Bruxelles se montrant réticente à coopérer avec Ankara.

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