Le CSA poursuivi par des associations pour avoir «censuré» un spot anti-avortement des trisomiques

Une mère et sa fille atteinte de trisomie © Capture d'écran YouTube
Une mère et sa fille atteinte de trisomie

Un film mettant en avant des personnes atteintes du syndrome de Down n'ayant pas été avortées avait été censuré par le CSA en 2014. Des associations ont attaqué le gendarme de l'audiovisuel dénonçant une «censure» de la part de l'institution.

A l'occasion de la journée mondiale de la trisomie 21, en mars 2014, quatre chaînes de télévision avaient diffusé un clip intitulé Chère future maman mettant en scène des personnes trisomiques, expliquant que malgré leur handicap elles étaient heureuses de vivre.

Le film soutenu, entre autres, par la fondation anti-IVG Jérôme Lejeune et par le Collectif les amis d’Eléonore, qui se sont joints à la plainte, avait été diffusé dans le cadre d'écrans publicitaires. Face à de vives réactions de téléspectateurs, le CSA avait quelques mois plus tard mis en garde les chaînes de télévision et leur avait demandé de ne plus diffuser ce spot.

Le gendarme de l'audiovisuel leur avait indiqué dans une lettre que le film ne relevait pas «de l'intérêt général», était sujet à la «controverse» et que le message était «susceptible de troubler en conscience des femmes ayant fait des choix différents».

Si le film est «très réconfortant [...] et donne une vision positive de la vie», il peut aussi «atteindre» les femmes qui ont fait le choix d'avorter, a estimé le 7 septembre le rapporteur public, reconnaissant avoir «longuement hésité» à prendre sa décision.

«La volonté est bien de peser frontalement sur le choix de la future mère», a-t-il poursuivi. Pour autant, il a reconnu ne pas «être convaincu» que le film cherchait à «remettre en cause l'IVG».

Le rapporteur a estimé que le CSA avait été «maladroit» dans son argumentaire : «Il n'y a pas plus d'intérêt général à encourager qu'à interrompre une grossesse».

François Sureau, l'avocat du collectif les Amis d'Eléonore, dénonce, lui, la «censure» du CSA. «Les handicapés mentaux sont victimes de discriminations permanentes, de quolibets et cette campagne vise à y remédier et rien d'autre. Ils ne se prononcent pas sur l'IVG», a-t-il défendu lors de l'audience. La décision a été mise en délibéré.

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