Prison avec sursis pour un «gros déconneur» qui a crié Allah Akbar à bord de son yacht

- Avec AFP

Source: Reuters

Un chef d'entreprise a écopé de six mois de prison avec sursis, le 7 septembre, pour avoir crié «Allah Akbar» et fait mine de foncer sur des estivants à bord de son yacht, au large d'une calanque de Cassis , dans les Bouches-du-Rhône.

«Con», selon un avocat des parties civiles. «Abruti», selon le procureur. Lui préfère «gros déconneur». L'homme de 50 ans a plaidé la mauvaise blague devant le tribunal correctionnel de Marseille, qui le jugeait non pour «apologie du terrorisme» mais pour «violence volontaire avec arme», l'arme par destination étant le bateau.

Deux semaines après l'attentat du 14 juillet à Nice, seul à la barre, ses «subalternes» dans les coursives intérieures du yacht, le prévenu, Jean-Christophe Fabre avait saisi le mégaphone de bord et crié «Allah Akbar».

Les estivants qui profitaient du soleil couchant sur les rochers de la calanque avaient alors vu l'imposant navire noir de 27 mètres se diriger droit sur eux.

«Je ne voulais faire peur à personne. Je ne suis pas quelqu'un qui fait peur. En général, je fais rigoler», a-t-il déclaré à la barre.

Croyant à une attaque terroriste, un policier qui était sur les lieux confiera aux enquêteurs avoir failli sortir son arme.

«Sans doute, au parquet de Marseille, n'avons-nous pas d'humour», a ironisé la représentante du ministère public, Brigitte Lanfranchi, pointant la «violence psychologique» exercée sur les estivants qui ont eu «peur inutilement».

«Ils peuvent penser que des gens vont sortir, vont lancer des grenades, les gens peuvent tout imaginer», a-t-elle expliqué avant d'ajouter :

Vous avez instillé la peur dans un pays qui n'en a pas besoin.

L'avocat de Jean-Christophe Fabre, Thierry Ospital, avait plaidé la relaxe, appelant à ne pas restreindre «la liberté d'employer certains mots». Les termes «Allah Akbar» [Dieu est grand] «ne constituent pas par nature des violences», a-t-il souligné, son client n'ayant jamais eu selon lui «l'intention de faire peur».

Outre la prison avec sursis, Jean-Christophe Fabre a été condamné à une amende de 5 000 euros et à indemniser chacune des parties civiles à hauteur de 500 euros. Le parquet avait requis un an de prison avec sursis et 1 500 euros d'amende.

Conclusion du prévenu, à la barre :

Ça m'a quand même fatigué, toute cette affaire...

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