Le CSA saisi pour des blagues douteuses au «Grand Journal» envers une journaliste transgenre

- Avec AFP

Capture d'écran, JGJ
Capture d'écran, JGJ

Le CSA a été saisi le 6 septembre par l'association des journalistes LGBT (AJL) pour des blagues jugées «transphobes» tenues dans le «Grand Journal» envers la journaliste transgenre Brigitte Boréale, a annoncé l'AJL sur son site.

«Brigitte Boréale a fait, lundi 5 septembre, ses débuts au Grand Journal de Canal+ en tant que nouvelle chroniqueuse. Hélas, ce pas en avant dans la visibilité des personnes trans s’est tout de suite accompagné d’un bond en arrière lorsque son collègue Lamine Lezghad, dans sa chronique, a lancé à Brigitte Boréale : "Nous, les mecs, quand on est stressés, une petite [masturbation], ça détend. Hein, Brigitte?"», a rappelé l'AJL dans un communiqué.

Puis Ornella Fleury, la nouvelle Miss Météo de l’émission, a enchaîné : «Bonsoir monsieur-dame, enfin Brigitte», avant de continuer «Brigitte, on te connaît très peu et du coup je trouve ça un peu excitant, ça me donne envie de faire un plan à trois.»

«Ces remarques ne sont pas drôles, elles sont injurieuses pour la journaliste Brigitte Boréale et pour toutes les personnes trans. Elles nient le fait que Brigitte Boréale est une femme — sous-entendant qu’elle serait aussi, simultanément, un "monsieur". Elles la cantonnent à des questions d’ordre sexuel et génital», estime l'AJL.

«L’Association des journalistes LGBT déplore que ni Victor Robert, l’animateur de l’émission, ni aucun-e des chroniqueurs/chroniqueuses présent-e-s autour de la table n’aient réagi aux propos transphobes de Lamine Lezghad et d'Ornella Fleury. Elle souhaite que le CSA rappelle fermement à la chaîne Canal+ ses obligations en matière de lutte contre les discriminations et de respect de la dignité de la personne humaine, ainsi que son devoir de maîtrise de l’antenne», a encore fait savoir l'AJL.

Sur Twitter, de nombreux internautes ont eux aussi critiqué ces propos.

Le 6 septembre Brigitte Boréale a défendu ses collègues, en qualifiant ces propos de «blagues entre amis». «Merci à tous ceux qui ont voulu prendre ma défense hier soir, mais, cool les amis ! C’était de la vanne, juste de la vanne et de la bonne vanne entre amis. Ce n’était pas de la transphobie», a-t-elle dit sur le plateau du «Grand Journal». 

«Moi je sais ce que c’est la transphobie, quand on crache sur mon passage dans la rue ou qu’on me traite de sale travelo dans le métro», s'est-elle justifiée.

«Ou quand la police te demande si tu te prostitues alors que tu es à l'arrêt d’un bus, on la connaît ta vie et c’est pour cela qu’on te soutient», a ajouté le présentateur Victor Robert, qui a promis de veiller à ce que les chroniqueurs fassent de l’humour «avec respect».

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