Opération escargot à Calais : «Nous voulons que le gouvernement réagisse» dit le maire

Opération escargot à Calais : «Nous voulons que le gouvernement réagisse» dit le maire Source: Reuters
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Une double opération escargot rassemblant transporteurs routiers et agriculteurs a débuté lundi 5 septembre près de Dunkerque et à Boulogne-sur-Mer, avec pour destination Calais, afin de demander le démantèlement au plus tôt de la «Jungle».

«Le gouvernement n'a pas fait ce qu'il fallait faire pour éviter que nous en soyons aujourd'hui à 9 000 migrants. Il faut absolument démanteler ce campement, le plus vite possible, et en une seule fois» s'est emportée Natacha Bouchart, le maire de Calais, au micro de RT. 

Selon elle, le ministre de l'Intérieur se serait engagé au «démantèlement total» de la zone nord du camp de migrants, lors de son déplacement vendredi 2 septembre à Calais. 

«Nous voulons que le gouvernement réagisse. Il n'est pas suffisamment agissant sur le problème de Calais» déplore-t-elle, avant d'assurer : «Nous ne voulons pas continuer à devoir supporter des attaques permanentes. Les riverains n'en peuvent plus». 

Joignant sa voix à celle des transporteurs, elle juge que par son inaction, le gouvernement est directement responsable de la recrudescence des attaques envers les riverains et les routiers.

Une opération escargot en guise d'ultimatum

«On se pose chaque matin la question de savoir si notre journée de travail ne va pas être gâchée, si un migrant ne va pas éventrer la bâche du camion. Et si la marchandise est endommagée, c'est retour direct à la case départ», confie, excédé, le directeur d'une agence de transport à Boulogne-sur-Mer à l'AFP. 

Exaspérés par les attaques incessantes des migrants qui prennent régulièrement d'assaut leurs camions, les transporteurs espèrent marquer le coup avec cette opération, une première depuis le début de la crise migratoire dans la région, afin de contraindre les autorités à agir.

Deux cortèges, composés d'une quarantaine de camions à Loon, et d'une trentaine à Boulogne, doivent converger à Calais et bloquer l'A16, autoroute particulièrement utilisée par les transporteurs européens pour rejoindre l'Angleterre via le port de Calais, premier de France pour le trafic passager, ou le tunnel sous la Manche.

Les agriculteurs doivent rejoindre ce cortège en cours de route à bord de leurs tracteurs. Une chaîne humaine, regroupant essentiellement les commerçants de Calais et des employés du port, doit également être organisée vers 9h au stade de la ville, les organisateurs espérant la présence d'entre 300 et 500 personnes.

Promesses non tenues ?

Sous la pression des transporteurs, Bernard Cazeneuve s'était rendu vendredi 2 septembre à Calais pour la huitième fois. Il avait par ailleurs évoqué dans un entretien au quotidien Nord Littoral un démantèlement «par étapes» du camp de migrants de Calais. 

«Nous avons déjà procédé au démantèlement de la zone sud au début du mois de mars dernier. Mon intention est bien de poursuivre avec la plus grande détermination. Cela doit se faire par étapes, en commençant par créer davantage de places d’hébergement en France pour désengorger Calais», a-t-il déclaré. 

Les transporteurs, victimes collatérales de la crise migratoire

Régulièrement, des migrants de la Jungle venus notamment du Soudan, d'Afghanistan ou d'Erythrée, créent des barrages sur la rocade portuaire avec des barrières ou des arbres pour forcer les camions à s'arrêter et tenter de s'y cacher afin d'atteindre l'Angleterre.

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 6 900 migrants sont encore présents dans la Jungle, un chiffre en progression de 53% par rapport à la mi-juin. Des associations parlent quant à elles de plus de 9 000 personnes.

En première ligne, les transporteurs sont souvent victimes d'attaques violentes de la part des migrants, qui tentent de les intimider ou de s'imposer par la force dans les convois afin de rejoindre l'Angleterre. 

Début août, la violente attaque d'un camion, dont le conducteur avait été menacé par des migrants munis d'une tronçonneuse avait créé l'émoi et provoqué la colère des routiers. «S'il vous plaît, faîtes quelque chose, il va y avoir des morts. Nos chauffeurs sont menacés tous les soirs» avait alors supplié le patron du chauffeur agressé, implorant les autorités d'agir. 

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