«Chemise arrachée» : indignation suite au licenciement du délégué CGT validé par Myriam El Khomri

«Chemise arrachée» : indignation suite au licenciement du délégué CGT validé par Myriam El Khomri Source: Reuters

La ministre du Travail Myriam El Khomri a validé le licenciement d'un délégué CGT d'Air France accusé d'avoir participé à l'épisode de la «chemise arrachée» lors d'incidents en octobre dernier à Roissy, a annoncé le ministère dans un communiqué.

«A l’issue d’une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d’entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé», est-il indiqué dans le communiqué de la ministre.

«Cette décision est cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d’aucun mandat syndical et dont le cas n’est donc pas soumis à l’autorisation de l’inspection du travail», précise le communiqué ministériel.

«Le salarié concerné conserve bien entendu la possibilité de former un recours de la décision de la Direction générale du travail devant le tribunal administratif», conclut le communiqué.

Pourtant l'Inspection du travail, saisie en cas de licenciement d'un salarié protégé, avait refusé en janvier le licenciement pour faute lourde du représentant du personnel (CGT), magasinier à la maintenance. La direction avait alors formé un recours auprès du ministère du Travail.

Réintégré à son poste après une mise à pied, le délégué CGT est accusé par son employeur d'avoir agressé le directeur des ressources humaines de la compagnie, Xavier Broseta, ainsi que deux vigiles, le 5 octobre, à l'occasion d'une manifestation organisée au siège d'Air France à Roissy contre des suppressions d'emplois.

Xavier Broseta avait été contraint de fuir la foule en colère en escaladant une grille, sa chemise arrachée.

Le délégué et les quatre autres salariés licenciés devront répondre de «violences en réunion» les 27 et 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

Philippe Martinez dénonce l'attitude «revancharde» du gouvernement, les internautes s'enflamment

Pour le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, cette condanation est scandaleuse. Il voit dans cette décision une «attitude revancharde» du gouvernement après la bataille menée par le premier syndicat français contre la loi travail.

Sur Twitter, les réactions de internautes oscillent entre colère et incompréhension : 

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