Point par point, le procureur de la République revient sur le déroulement de l’attaque de Nice

Le procureur de la République de Paris, François Molins© Giuseppe Cacace Source: AFP
Le procureur de la République de Paris, François Molins

A peine débutée, l’enquête sur la soirée d’horreur du 14 juillet à Nice, révèle déjà de nouveaux éléments sur l’identité du tueur Mohamed Lahouaiej Bouhlel et sur son modus operandi, qui ont été rendus public par le procureur François Molins.

Le modus operandi

C’est en vélo que Mohamed Lahouaiej Bouhlel a rejoint un camion frigorifique blanc de 19 tonnes, qu’il avait loué plus tôt à Saint-Laurent-du-Var, commune française limitrophe de Nice. Il a ensuite placé la bicyclette à l’intérieur du camion avant d'entamer sa course macabre, au départ du quartier de Magnan puis de débouler sur la Promenade des Anglais.

Après y avoir percuté de nombreuses personnes, l’assaillant a tiré «à plusieurs reprises sur trois policiers», à hauteur de l’hôtel Negresco. Ces derniers ont alors «répliqué et poursuivi le camion qui a réussi à rouler encore sur près de 300 mètres», avant que le chauffeur ne soit finalement abattu. Il a été retrouvé mort sur le siège passager, a fait savoir François Molins en conférence de presse.

Auteur: RT France

Dans le véhicule, «un pistolet automatique, un chargeur, un autre pistolet factice et deux répliques de fusils d’assaut» ont été découverts, de même qu’une «grenade percée».

Qui était le Mohamed Lahouaiej Bouhlel ?

«Une carte conducteur et une carte bancaire au nom de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, né le 3 janvier 1985 en Tunisie et domicilié à Nice» ont également été retrouvées dans la cabine du camion, a fait savoir le procureur de la République de Paris.

L’homme, qui était marié et père de famille, exerçait la profession de chauffeur-livreur. Son ancienne épouse a été placée en garde à vue afin d’être interrogée.

«Mohamed Lahouaiej Bouhlel était connu des services de police pour des faits de menace, violences, vol et dégradations commis entre 2010 et 2016». Il avait à cet égard été «condamné le 24 mars 2016 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis pour des faits de violence volontaire avec arme», a indiqué François Molins, précisant que le terroriste était «en revanche totalement inconnu des services de renseignement et n’avait jamais fait l’objet de la moindre fiche et du moindre signalement de radicalisation».

Vidéosurveillance, perquisitions et analyses : l’enquête progresse

Les images de vidéosurveillance, qui sont en train d’être passées au crible, ont d’ores et déjà permis de montrer que «le camion était stationné depuis le 13 juillet dans le quartier Auriol dans l’Est de Nice». On y voit l’homme arriver sur le lieu du stationnement en vélo.

Des perquisitions ont été menées ce matin à deux domiciles de l’individu. Du matériel informatique et téléphonique, ainsi que d’autres documents, ont été saisis.

Les documents sont en cours d’analyse afin de déterminer «les conditions dans lesquelles le tireur a pu se procurer l’arme dont il a fait usage et le camion», a indiqué le procureur. Il faudra également rechercher d’éventuelles complicités et des liens avec des «organisations criminelles terroristes islamistes».

Accusé d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste

Deux chefs d’accusation ont été retenus par le procureur de Paris contre Mohamed Lahouaiej Bouhlel : la «tentative d’assassinat en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste» et l’«association de malfaiteurs terroristes criminels».

Le dernier bilan de l’attaque de Nice, communiqué par François Molins, est de 202 personnes blessées et de 84 morts, parmi lesquels 10 enfants et adolescents. 52 blessés sont en état d’urgence absolue et 25 sont toujours en réanimation.

Lire aussi : Un motard aurait risqué sa vie en tentant d’arrêter le camion fou de Nice (VIDEO)

 

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales