Euro 2016 : 43 supporteurs russes contrôlés dans le sud de la France ont été placés en garde à vue

Plusieurs fans russes ne verront pas la rencontre entre leur pays et la Slovaquie, mercredi à Lille© Capture d'écran du compte Twitter : @jmsardo
Plusieurs fans russes ne verront pas la rencontre entre leur pays et la Slovaquie, mercredi à Lille

Les gendarmes ont mené une opération mardi à Mandelieu dans les Alpes-Maritimes en arrêtant le bus de supporteurs russes qui souhaitaient se rendre à Lille pour le deuxième match de leur équipe. L'ensemble des fans sont actuellement en garde à vue.

Ils pensaient passer une journée tranquille. Elle s’est vite transformée en cauchemar. 43 supporteurs russes qui séjournaient dans un hôtel mandolocien ont vu leur bus arrêté par la gendarmerie quelques minutes après leur départ. Ils se rendaient à Lille pour assister à la rencontre entre la Russie et la Slovaquie.

Selon la préfecture, l’opération a été rendue possible par des renseignements des services spécialisés. Elle vise à identifier d’éventuels fans violents et à procéder à leurs expulsions du territoire.

«Les forces de police nous ont entouré. Il y avait des dizaines d’agents armés de mitraillettes. Au départ, ils nous ont dit qu’il s’agissait d’un contrôle sur la possession d’armes et de drogue. Ensuite, c’est devenu un contrôle réalisé sous ordre du procureur», explique Alexandre Chpryguine, président de l'Association des supporteurs russes, contacté par l’agence de presse R-Sport.

Des supporteurs russes placés en centre de rétention à Nice et à Marseille

Selon le préfet des Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat, six supporteurs russes, soupçonnés de présenter une menace à l'ordre public, ont été placés dans des centres de rétention à Nice et à Marseille.

Les autres sont en garde à vue dans un cadre judiciaire à propos des violences survenues le week-end dernier à Marseille en marge du match Angleterre-Russie.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, a déclaré à la presse que des supporteurs «seront expulsés après avoir été condamnés comme des personnes qui ne peuvent pas rester sur notre territoires national en raison de leur comportement».

Deux collaboratrices du ministère russe de la Jeunesse et des Sports se trouvaient par ailleurs dans les locaux de la gendarmerie, a précisé le préfet des Alpes-Maritimes. Quatre supporteurs ont été envoyés dans un centre de rétention de Nice, deux autres dans un centre de rétention de Marseille.

Le consul de Russie basé à Marseille est arrivé à Mandelieu-la-Napoule en milieu de journée pour s'entretenir avec 35 autres fans, dont trois chauffeurs, refusant de quitter le car garé dans la cour de la gendarmerie de la commune.

Ils ont finalement obtempéré et ont été emmenés dans l'après-midi par les forces de l'ordre. Les fans ont été escortés individuellement vers des voitures de gendarmerie ou des fourgonnettes de police avant de quitter la caserne de gendarmerie de Mandelieu-la-Napoule où était garé leur autocar. L'opération s'est achevée vers 15h45.

Le dossier est désormais entre les mains du procureur de la République de Marseille Brice Robin. Ce dernier n'a pas souhaité à ce stade faire de commentaires. Adolphe Colrat a néanmoins précisé que «la procédure devient intégralement judiciaire».

Indignation parmi les supporteurs russes

Le président de l'Association des supporters russes, qui est aussi le collaborateur d'un député ultranationaliste, affirme être parmi les personnes contrôlées, une information non confirmée par le préfet des Alpes-Maritimes.

«Nous sommes l'association officielle des supporters russes ! C'est le cirque ! [...] Tout le monde va être expulsé», a affirme Alexandre Chpryguine sur son compte Twitter, où il enchaîne les messages sur les contrôles de mardi.

Il dénonce la décision d’expulser ses compatriotes : «Ceux qui seront déportés n'ont pas violé la législation française ou participé aux événements de Marseille. Ni dans le port ni dans la stade. C’est arbitraire !» «Ca dépasse les limites. Pourquoi ils n'ont pas travaillé comme cela à Marseille ?», s’interroge-t-il. Selon lui, les autorités demandent aux concernés de quitter le territoire par leurs propres moyens.

Du côté de la préfecture, on affirme que cette décision est nécessaire pour éviter d’autres violences. Selon Alexandre Chpryguine, les concernés ne souhaitaient pas «résister aux forces de l’ordre» mais contester les expulsions. 

Dans le même temps, le Kremlin a fait savoir qu’il condamnait fermement les violences et a appelé au calme : «Nous ne pouvons qu'appeler nos supporteurs à ne pas réagir aux provocations, quelles qu'elles soient.»

Les violences qui ont émaillé la rencontre entre la Russie et l’Angleterre comptant pour l’Euro 2016 samedi à Marseille ont fait 35 blessés dont plusieurs graves. L’UEFA a menacé la Russie et l’Angleterre de disqualification en cas de nouvelles violences.

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