Affiches polémiques : la CGT dénonce la convocation du responsable d'Info'com

- Avec AFP

Une des affiches de la CGT © Capture d'écran Twitter
Une des affiches de la CGT

La CGT a dénoncé lundi un «acte de force» et une atteinte à la liberté d'expression, après la convocation du responsable du syndicat CGT-Info'com qui a publié des affiches polémiques sur les violences policières.

Romain Altmann, secrétaire général de la fédération Info'com (information et communication), était convoqué lundi à la brigade de répression de la délinquance en tant que représentant de l'organisation, et non à titre individuel.

Il est «soupçonné d'avoir commis l'infraction de diffamation publique envers une juridiction, une administration publique, un corps constitué de l'armée», selon son syndicat. Dans un communiqué, la CGT «dénonce ce nouvel acte de force» et affirme : «La liberté d'expression comme la liberté syndicale ne peuvent être remises en cause».

Assurant «Romain Altmann et son syndicat de tout son soutien», la centrale «exige l'abandon de toutes les procédures judiciaires engagées contre ses militants». Interrogé par l'AFP après son audition, le responsable d'Info'com-CGT a indiqué que la plainte visant sa fédération, instruite à Bobigny, ne provenait pas d'un syndicat policier mais d'une association méconnue.

«On reconnaît le droit d'être contre nos affiches», mais pas les tentatives faites pour «tenter de remettre en cause une liberté fondamentale, la liberté d'expression», a-t-il clamé, rappelant que le dessinateur Charb, tué lors du massacre à Charlie Hebdo en janvier 2015, avait été «adhérent» de la fédération. Celle-ci va d'ailleurs lancer «une campagne pour la liberté d'expression sur le thème : "Je suis toujours Charlie", avec notamment une pétition en ligne et un appel aux internautes à «créer leurs propres affiches de soutien», selon Romain Altmann.

Info'com a publié plusieurs affiches visant à dénoncer les violences policières durant les manifestations contre la loi travail, dont la première, diffusée en avril, représente l'écusson des CRS et une matraque sur une flaque de sang, légendée «La police doit protéger les citoyens et non les frapper !». Cette affiche a été largement condamnée dans la classe politique et les syndicats de policiers se sont indignés d'un «appel à la haine».

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a reconnu dimanche sur BFMTV que la première affiche était de la «provocation». «Nous avons dit que nous dénoncions toutes les violences et que cette affiche avait voulu provoquer, choquer, mais comme d'autres le font sur un certain nombre de questions», a-t-il expliqué. «Il y a moins de débat - en tout cas moins de problématiques - quand des caricaturistes font des dessins qui peuvent heurter une partie de l'opinion», a-t-il relevé.

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