Le nouveau plan anti-djihad de Manuel Valls : les six mesures phares

Source: Reuters

Le Premier ministre a dévoilé ce lundi lors d'un conseil interministériel, un nouveau plan contre le terrorisme et la radicalisation. Près de 80 mesures sont détaillées, dont 50 nouvelles. Au programme : prévention, dé-radicalisation et répression.

«La lutte contre le djihadisme est sans doute le grand défi de notre génération», a déclaré Manuel Valls ce matin en présentant à la presse le nouveau plan du gouvernement visant à lutter contre le terrorisme et la radicalisation. Deux ans après la mise en place d'un premier plan de lutte contre les filières terroristes, le gouvernement enrichit sa panoplie pour mieux combattre le discours et les actes des djihadistes.

Prévention et détection auprès des plus jeunes

C’est le point fort de ce nouveau plan : la volonté de sensibiliser les plus jeunes aux risques du discours djihadiste, et détecter les individus déjà radicalisés. Ainsi, des cycles de formation pour les enseignants vont être mis en place, afin de renforcer la détection des signes de radicalisation au sein des établissements scolaires. Lors de la «journée défense et citoyenneté», obligatoire pour les jeunes entre 16 et 25 ans, un «module de sensibilisation» sera proposé. Enfin, un récent rapport du renseignement territorial avait pointé certaines dérives dans les clubs sportifs. Désormais, les clubs pourront perdre leur agrément s'il s'avère qu'ils font office de foyer de radicalisation.

Création de centre de «dé-radicalisation»

Des centres de « réinsertion et citoyenneté » dans chaque région, c’est aussi une promesse du Premier ministre ce lundi. La première de ces structures, destinées à accueillir des jeunes radicalisés, ouvrira ses portes cet été, à Beaumont-en-Véron, en Indre-et-Loire. Pour l’outre-mer, un centre est envisagé à Mayotte, selon le gouvernement. Le but de ces centres ? Accueillir pour une période donnée des jeunes radicalisés, pour endiguer les départs des candidats au jihad et amorcer un processus de déradicalisation. Les premiers individus  admis dans ces centres "pourront être des repentis dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée", a précisé le Premier ministre.

Ainsi, le nouveau plan gouvernemental vise à «doubler, d'ici deux ans, les capacités de prise en charge des personnes radicalisées». Pour ce faire, le Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIPD) devrait voir son budget passer de 60 à 100 millions d'euros sur trois ans.

Surveillance accrue dans les établissements pénitentiaires

Le développement du renseignement pénitentiaire vise à lutter contre la radicalisation dans l’univers carcéral. En prison, le gouvernement estime que 1 500 des 66 000 détenus sont radicalisés. Pour une meilleure efficacité, le service de renseignement pénitentiaire sera rattaché à la communauté du renseignement. Les agents de l'administration pénitentiaire pourront aussi bénéficier d’une extension des possibilités légales de surveillance et de collecte d’informations. Ils pourront ainsi demander eux même le placement sur écoute d’un détenu.

Perpétuité réelle pour les auteurs d’actes de terrorisme

Le nouveau plan gouvernemental reprend une mesure déjà adoptée au Sénat, issue du projet de Loi sur la lutte contre le crime organisé et le terrorisme : la perpétuité réelle pour les personnes condamnées pour des actes terroristes. Concrètement, la période de sûreté pour les condamnés à la perpétuité serait relevée de vingt-deux à trente ans.

La création d'une «cellule de coordination et d'appui»

Une «cellule nationale de coordination et d’appui» à l’action des préfets, des départements et des associations va être créée au sein du Comité interministériel de prévention de la délinquance, qui verra ses effectifs renforcés. Le gouvernement cherche ainsi à centraliser et à coordonner l’ensemble des mesures visant à lutter contre le djihadisme, et ainsi gagner en efficacité.

La suspension du versement des droits sociaux pour les djihadistes partis en Syrie

C’est l’une des mesures les plus symboliques du plan gouvernemental, l’arrêt du versement des aides sociales pour les individus ayant rejoint l’Etat Islamique. «Chaque départ donne lieu à un signalement de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) aux caisses de sécurité sociale» a déclaré Manuel Valls, précisant que  «au mois de mars dernier, sur plus de 500 dossiers en cours de traitement, 350 ont déjà abouti à une situation de constat de fin de droits ou à une décision de suspension du versement des droits».

Pour rappel, actuellement en France, 9300 personnes sont soupçonnées d'avoir basculé dans l'islamisme radical et 627 Français sont engagés aujourd'hui dans les rangs de Daech.

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