#TousUnisContrelaHaine : la campagne du gouvernement qui fait polémique

Capture d'écran d'un des spots du gouvernement à l'occasion de cette campagne contre la haine
Capture d'écran d'un des spots du gouvernement à l'occasion de cette campagne contre la haine

Dans le cadre d'une campagne contre le racisme lancée ce dimanche 20 mars, le gouvernement a publié des spots mettant en scène des agressions racistes choquantes, inspirées de faits réels, sur son site internet.

«Le racisme, l'antisémitisme, les actes antimusulmans, ça commence par des mots, ça finit par des crachats, des coups, du sang». Ce slogan conclu les six vidéos publiées par l'exécutif dans le cadre de sa campagne #TousUnisContrelaHaine voulue par le Premier ministre Manuel Valls pour dénoncer les préjugés et provoquer une prise de conscience.

«Je ne vois pas la dénonciation du racisme anti-blanc dans ces clips»

Les réactions d'opposition à cette campagne ne se sont pas fait attendre. Qu'en est-il du «racisme anti-blanc» dans ces clip se sont demandées des personnalités comme le fondateur du Front National Jean-Marie Le Pen, l'avocat Gilles-William Goldnadel ou encore le maire de Bézier Robert Ménard.

«Je ne vois pas la dénonciation du racisme anti-blanc dans ces clips», a déclaré le père de la présidente du FN. Le vice-président du parti, Floriant Philippot, a également réagi en critiquant une campagne qui «attise les haines». Il a également voulu épingler Manuel Valls en rappelant de façon ironique ses propos sur le manque de «blancos» lors d'une visite d'un marché d'Evry, dans un autre message sur Twitter. 

«Ça s'appelle Tous unis contre le racisme, et c'est principalement contre le racisme anti-juif, anti-arabe et anti-noir. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas un clip contre le racisme anti-blanc ou anti-chrétien ? Il arrive même que des blancs se fassent tabassés parce qu'ils sont blancs. On n'a pas pensé à eux», s'est interrogé l'avocat Goldnadel sur la radio RMC, qui poursuit : «ce racisme, c'est le principal vecteur aujourd'hui de la haine islamiste».

Pour Robert Ménard, l'immigration est le vrai problème

Le maire de Béziers n'a pas manqué de réagir indiquant dans un message sur son compte Twitter : «Il faut lutter contre le racisme, mais qui peut croire que dans nos rues, l'insécurité vient de bandes racistes ?».

A la manière du site internet Français de Souche, il a tenu à replacer le débat par rapport à l'immigration, pour eux le cause principal du racisme.

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Une recrudescence des actes racistes

Mise en place dans le cadre de la «journée internationale de lutte contre le racisme» décrétée par l'ONU, ce 21 mars, cette campagne intervient en pleine recrudescence des actes racistes et antisémites en 2015. Ils ont bondi de 22 % l'année dernière. Les actes antimusulmans ont notamment triplé en un an, avec des pics après les attentats de janvier et de novembre 2015. Au total, 2 032 actions et menaces racistes, antisémites et antimusulmanes ont été enregistrées, selon les chiffres de la Dilcra (Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l'antisémitisme) communiqués en janvier.

«Nous devons mettre cette journée à notre agenda de toute l'année. Il y a toujours eu dans notre pays des tentations de division, de séparation, de confrontation, mais en même temps il y a une aspiration très forte, celle sur laquelle nous devons travailler, qui est celle de l'unité et du rassemblement», a déclaré M. Hollande à la presse ce lundi 21 mars, lors d'un déplacement au musée de l'immigration.

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