Evacuation de Calais : violents affrontements, les No Borders en ligne de mire (VIDEOS, PHOTOS)

Une cabane de la "Jungle" de Calais en flamme ce lundi 29 février dans l'après-midi Source: AFP
Une cabane de la "Jungle" de Calais en flamme ce lundi 29 février dans l'après-midi

Alors que l'évacuation des migrants de la «Jungle» de Calais s'est poursuivie ce lundi 29 février jusque tard dans la soirée, de violents incidents ont éclaté entre les migrants, les activistes No Border et les forces de l'ordre déployées sur place.

Pendant près d'une heure, des migrants armés de barres de fer ont perturbé et tenté de bloquer la rocade portuaire jouxtant la «jungle» de Calais, lançant des pierres ou tapant sur des véhicules en route vers l'Angleterre.

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Les nombreux CRS chargés de l'évacuation du camp ont tiré à de multiples reprises au gaz lacrymogène et ont également dû affronter plus d'une centaine d'activistes altermondialistes du mouvement No Border, qui militent pour l'abolition des frontières.

Source: AFP

«Il y a surtout de la désinformation de la part des activistes No Border»

Après une matinée calme, le déroulement de l'opération s'est progressivement tendu à partir de l'après-midi avec le début d'un feu de cabanes. Des projectiles ont alors été lancés sur les CRS par les militants. En tout, une vingtaine de cabanes ont été incendiées par des migrants et des militants No border, provoquant l'intervention des pompiers. «Dans l’après-midi, ils se sont regroupés et ont jeté des pierres sur les CRS. Sans les activistes No Border, il n’y aurait eu aucun problème», a accusé la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, sur les ondes d'Europe 1.

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«Il y a surtout de la désinformation de la part des activistes No Border. Vendredi, les maraudeurs [chargés de proposer aux migrants de partir], qui sont des fonctionnaires de l’Etat, ont été agressés par des No Border qui les ont harcelés, insultés, et ont empêché les migrants de prendre le bus les conduisant à des centres d’accueil», a expliqué la préfète.

«C’est pour cela que ce matin [lundi] nous avions déployé un cordon de sécurité autour d’une zone définie à l’avance, afin que les maraudeurs puissent travailler en toute tranquillité avec les migrants», a conclu Fabienne Buccio. Malgré ce cordon de sécurité, trois No border et un migrant mineur ont été interpellés, alors que cinq CRS ont été légèrement blessés, selon la préfecture, rapporte l'AFP.

Même son de cloche du côté du ministère de l'Intérieur. Bernard Cazeneuve a dénoncé ce mardi 1er mars «l'activisme d'une poignée de militants No border» pour empêcher le démantèlement de la zone sud de la «Jungle» de Calais, opération qui «va se poursuivre» avec «calme et méthode».

«Alors que le début de l'opération se déroulait dans le calme hier, des No border ont harcelé, comme ils l'avaient déjà fait vendredi dernier, les agents de l'État qui effectuaient leur habituelle maraude sociale en aide aux migrants», a-t-il déclaré dans un communiqué.

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«Le démantèlement ne devait cibler que des tentes vides»

Des associations historiques, comme l'Auberge des migrants, ont vivement critiqué l'opération. Olivier Marteau, responsable du «projet Calais» pour MSF, souligne que le démantèlement ne devait cibler que des tentes vides et des abris inoccupés. «Il a en réalité ciblé tous les logements de la zone 9, densément occupée et habitée, et a inévitablement dégénéré en violences, dans un camp où vivent des familles et des enfants», a-t-il ajouté.

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«Ces opérations de mise à l'abri, de maraudes sociales et d'enlèvement des logements inoccupés vont se poursuivre durant plusieurs semaines», a indiqué la préfecture, qui avait évoqué la semaine dernière «un mois, peut-être plus».

Jeudi 25 février dernier, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où vivent entre 3 700 et 7 000 migrants selon les sources, avait obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif de Lille pour une évacuation partielle du camp, evacuation contestée aussi bien par les migrants que par les associations. Les autorités avaient immédiatement assuré qu'elles n'entendaient pas recourir à la force.  

Le 1er mars en début de soirée, des incendies volontaires ont touché plusieurs cabanes dans la zone sud. Quelques journalistes présents sur place affirment que des migrants en seraient à l'origine. Les pompiers ont été dépêchés sur place. 

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