Trop d’info tue l’info : six rescapés de l’Hyper Cacher portent plainte contre les médias

Trop d’info tue l’info : six rescapés de l’Hyper Cacher portent plainte contre les médias Source: Reuters
Policiers devant l'Hyper Cacher
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Six personnes qui s’étaient cachées dans une chambre froide durant l’assaut d’Amedy Coulibaly dans l’Hyper Cacher portent plainte contre les médias pour avoir divulgué leur cachette en direct pendant la prise d’otages.

9 janvier, 14h58, plusieurs médias dont BFMTV couvrant la prise d’otage de l’Hyper Cacher diffusent l’information comme quoi «une femme se serait réfugiée dans la chambre froide», alors même que le preneur d’otages est sur les lieux.

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C’est cette façon de couvrir l’information que Me Patrick Klugman, l’avocat de six rescapés de la prise d’otages de l’Hyper Cacher dénonce, en déposant plainte contre X pour «mise en danger de la vie d’autrui», qui vise notamment la chaine de télévision BFMTV.

Les plaignants reprochent à cette dernière d’avoir révélé que des clients s’étaient cachés dans la chambre froide pendant la prise d’otage, ce qui pour l'avocat relève d’un délit de mise en danger de la vie d'autrui ; la vie de ses clients «aurait été exposée si Coulibaly avait eu connaissance en temps réel de l'information».

Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFMTV avait par la suite fait la tournée des plateaux de télévision pour expliquer que le journaliste sur place avait reçu un «feu vert» des forces de  pour pouvoir dévoiler l’information. Il a tout de même fini par admettre que la révélation de ce renseignement était «inopportune, c’était une erreur».

Tous les griefs ne sont pas retenus envers la même chaine, «de nombreux autres médias manquaient aux règles les plus élémentaires de prudence», notamment en retransmettant en direct des images des opérations ou en annonçant l'assaut contre les frères Kouachi.

Début février, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a mis en demeure six  pour la façon dont ils ont couvert l’événement. Dans une lettre ouverte, les médias concernés ont dénoncé une atteinte à la liberté d’informer.

Mais la leçon ne semble pas avoir été retenue. Lors de l’attaque du musée du Bardo à Tunis le 18 mars dernier, des journalistes d’iTélé et de BFMTV ont joint par téléphone pendant la prise d’otages des personnes qui se trouvaient dans le musée, mettant leur sécurité en péril.

Le délit de «mise en danger de la vie d’autrui» est passible de 15 000 euros d’amende et d’un an de prison. La question que le tribunal devra trancher si coupable il y a, est qui de la personne morale, la direction de l’information ou bien le journaliste a sa responsabilité d’engagée.

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