Les cinq déclarations les plus islamophobes lues ou entendues dans les médias

"Je suis musulman, ne panique pas." Source: Reuters
"Je suis musulman, ne panique pas."

Invitée de la matinale de France Inter mercredi, la philosophe Elisabeth Badinter a déclaré qu’il ne fallait pas «avoir peur de se faire traiter d’islamophobe». L’occasion de revenir sur cinq saillies bien anti-musulmanes.

C’était il y a un an. Alors que jeudi la France commémorera le premier anniversaire de l’attaque qui a fait douze victimes au siège de Charlie Hebdo, les personnalités défilent dans les médias pour faire part de leurs sentiments. C’était le cas mercredi avec la philosophe Elisabeth Badinter. De passage dans la matinale de France Inter, elle a livré son ressenti quant à la nécessité de défendre, coûte que coûte, la laïcité, quite à se montrer offensive envers l’islam : «Il faut s'accrocher et il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe, qui a été pendant pas mal d'années le stop absolu, l'interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité. A partir du moment où les gens auront compris que c'est une arme contre la laïcité, peut-être qu'ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses.»

RT France a décidé de profiter de ces propos pour vous ressortir cinq déclarations de personnalités qui n’ont, pour le coup, pas eu peur de se faire traiter d’islamophobe.

«La religion la plus con, c’est quand même l’islam»

En septembre 2001, Michel Houellebecq sort son nouveau roman intitulé Plateforme, une histoire sur fond de tourisme sexuel. A cette occasion, il donne une interview au magazine Lire. Et vient le sujet de l’islam : «La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré!»

Un peu plus loin, il explique le fond de sa pensée : «L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D'une part, parce que Dieu n'existe pas, et que même si on est con, on finit par s'en rendre compte. À long terme, la vérité triomphe. D'autre part, l'islam est miné de l'intérieur par le capitalisme. Tout ce qu'on peut souhaiter, c'est qu'il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l'islam.»

L’auteur de Soumission, livre qui, à sa sortie, avait été qualifié d’islamophobe par une partie de la presse, va même plus loin, quelque temps après, dans un entretien donné au quotidien Le Figaro : «La lecture du Coran est une chose dégoûtante. Dès que l'islam naît, il se signale par sa volonté de soumettre le monde. Sa nature, c'est de soumettre. C'est une religion belliqueuse, intolérante, qui rend les gens malheureux.»

Oui, on démarre fort…

«L’islamophobie est un droit»

Alain Jakubowicz, qui est revenu récemment sur le devant de la scène en tant qu’avocat du footballeur Karim Benzema dans l’affaire de la sextape, est le président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme. En novembre 2012, il était l’invité d’un débat sur le racisme diffusé sur France Inter. Il livrait alors sa conception du droit : «L’islamophobie, on peut le condamner mais, fondamentalement, c’est un droit.»

Des propos qui peuvent choquer de la bouche de celui qui est censé lutter contre la xénophobie. Il nuancera sa pensée en ajoutant : «On a le droit de ne pas aimer l’islam, comme on n’a le droit de ne pas aimer le judaïsme ou l’Eglise catholique ou protestante.»  

«L’islam et les Mahométants sont la nouvelle peste bubonique du XXIe siècle»

Pire que Houellebecq ! En janvier 2014, Chantal Clamer s’est lâchée sur Twitter. Celle qui sera, un an plus tard, candidate Front national aux élections départementales a exprimé ce qu’elle pense des musulmans sur le réseau aux gazouillis : «L’islam et les Mahométans sont la nouvelle peste bubonique du XXIe siècle, à combattre et à éliminer sans hésitation par tous les moyens possibles.»

Les tweets de la discorde.© Capture d'écran du site : www.oumma.com
Les tweets de la discorde.

Problème, au mois de mars 2015, alors que le scrutin approchait à grand pas, les captures d’écran des messages refaisaient surface, mettant le parti frontiste dans l’embarras. La présidente, Marine Le Pen, avait dû se désolidariser publiquement des propos de sa candidate. Elles les avaient qualifié «d'extrêmement maladroits» et «d’imprudents». «Elle a commis une injustice en faisant un amalgame. On lui a fait comprendre qu’elle était allée trop loin, elle l’a reconnu» avait-elle précisé.

Ces tweets ne l’avaient pas empêché d’accéder au deuxième tour des élections départementales dans l’Ariège.

«Vous ouvrez le Coran à n’importe quelle page, il y a écrit : il faut tuer les juifs, il faut tuer les chrétiens»

C’est pour ce genre de propos qu’Eric Zemmour s’est fait débarquer de la chaîne d’information en continu I-télé. En juin 2014, quelques jours après la tuerie perpétrée par Mehdi Nemmouche au musée juif de Bruxelles, le polémiste est opposé à Nicolas Domenach au sujet des ratés supposés du renseignement français.

Le débat glisse jusqu’à l’islam et Eric Zemmour livre le fond de sa pensée : «Vous ouvrez le Coran à n’importe quelle page, il y a écrit : il faut tuer les juifs, il faut tuer les chrétiens. Dieu les maudit, il faut tuer les infidèles etc…»

Auteur: itele

Nicolas Domenach avait alors cherché à se renseigner sur le sujet à l’aide de plusieurs spécialistes pour répondre à Eric Zemmour. Ce qu’il a fait une semaine plus tard, provoquant une nouvelle passe d’arme sur le plateau de Pascal Praud.

Auteur: itele

Le polémiste est un habitué des déclarations fracassantes sur la religion musulmane. Quelques mois plus tard, il déclarait : «Daesh applique à la lettre l’islam.»

Auteur: itele

«C’est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui ? Il faut le dire quoi !»

On termine en beauté avec Philippe Tesson. Le vétéran du journalisme français, qui s’était déjà signalé en déclarant qu’il serait ravi de l’assassinat de l’humoriste Dieudonné par un «peloton d’exécution», s’en était pris aux musulmans de France. Lors d’un débat diffusé sur Europe 1 quelques jours après l’attaque contre Charlie Hebdo, il accusait : «D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité sinon des musulmans ? On le dit ça ? Ben moi je le dis !»

Auteur: Tariq Ramadan Chaine HD

Une première salve avant le dérapage. Alors que Jean-Marc Morandini lui demandait si les musulmans étaient les seuls responsables de l’atteinte à la laïcité dans l’Hexagone, Philippe Tesson se fendait d’une réponse bien à lui : «Ecoutez, je rêve ou quoi ! C’est ça notre problème actuellement, c’est ça notre problème ! C’est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui ? Il faut le dire quoi !» Malaise sur le plateau...

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