Le constructeur des Mistral russes attend toujours d'être remboursé par l'Etat

Les deux Mistral sont encore à Saint-Nazaire, en attendant que les marins égyptiens soient formés Source: Reuters
Les deux Mistral sont encore à Saint-Nazaire, en attendant que les marins égyptiens soient formés

L'entreprise DCNS, qui a fabriqué les Mistral destinés à la Russie, espère toujours recevoir un virement de 200 millions d'euros de l'Etat français, conformément aux promesses de François Hollande.

L’affaire des Mistral russe n’en finit plus de laisser des traces, et des dettes. Après avoir refusé de vendre les deux navires à la Russie, pour finalement les vendre à l’Egypte, la France a déjà dû rembourser 949,8 millions d’euros à la Russie.

Mais l’Etat n’a pas encore payé toutes ses dettes, malgré les promesses de François Hollande. «Le président de la République a dit que ce serait une opération qui ne coûterait pas d'argent à l'industrie. Ce n'est pas encore le cas», a reconnu Hervé Gillou, le PDG de DCNS, le constructeur des Mistral.

DCNS attend en effet le paiement prochain de 200 millions d’euros de la part de l’Etat, qui s’était engagé à rembourser le manque à gagner de la société. Pour rappel, la France avait refusé de livrer à Moscou deux navires de projection et de commandement (BPC) dont le prix d’achat se montait à 1,2 milliard d’euros en raison de l’implication de la Russie dans le conflit en Ukraine.

«Nous avons encore des discussions en cours avec le ministère des Finances pour nous faire rembourser jusqu'au dernier euro ce qu'ils nous doivent [...] On continue à faire valoir nos droits, mais le sujet n'est pas réglé», a souligné Hervé Guillou.

Le total des indemnisations à verser au constructeur des navires devrait grimper à 1,1 milliard d'euros, moins le montant de l'éventuelle revente, avait indiqué le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, Louis Gautier, lors d'auditions parlementaires en septembre.

DCNS a en effet avancé des millions d’euros pour ces deux navires. Les seuls frais de gardiennage et d’entretien se montaient en effet à 2 millions d’euros par mois. Et ce coût ne comprenait pas les frais de remplacement des matériels russes en vue d'une revente à un autre pays. 

La France a trouvé depuis un accord avec l'Egypte, qui a acheté les deux bâtiments pour environ 950 millions d'euros. Les deux navires sont encore à Saint-Nazaire, où la formation du premier équipage égyptien débutera au printemps 2016. 

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