Retraites : un élu macroniste invoque les genouillères des carreleurs pour justifier la réforme

Retraites : un élu macroniste invoque les genouillères des carreleurs pour justifier la réforme© MYCHELE DANIAU Source: AFP
Un apprenti carreleur en formation au centre des métiers du bâtiment à Caen, en 2004 (image d'illustration).
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Député des Français de Suisse, Marc Ferracci a affirmé lors d'un débat sur France 5 que les protections modernes dont disposent les carreleurs rendent leur profession moins pénible, affirmant se baser sur des témoignages de terrain.

Une nouvelle justification hasardeuse de la réforme des retraites ? Sur le plateau de l'émission C ce soir diffusée sur France 5 le 9 janvier, Marc Ferracci, député des Français de l'étranger établis en Suisse et au Liechtenstein et vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, a assuré que «les choses évoluent» pour certains métiers pénibles, plutôt dans le bon sens selon lui. 

«Un carreleur aujourd'hui [...] a accès à des protections pour ses genoux qu'il n'avait pas il y a 15 ou 20 ans», a-t-il ainsi illustré. «Mais il reste quand même accroupi toute la journée», l'a interrompu l'ancien syndicaliste et député européen Edouard Martin. Plus tard dans l'émission, ce dernier a cité le cas d'un carreleur âgé de 48 ans. «Je peux vous assurer qu'il était abîmé comme pas possible, même avec les genouillères il n’ira même pas jusqu’à 60 ans», a souligné l'ancien sidérurgiste.

Marc Ferracci a pour sa part maintenu que cette profession était moins exposée par le passé, avec des pathologies désormais «moins fortes». «J'ai discuté avec des carreleurs qui m'en ont fait part, qui ont eu toute une carrière», a affirmé le député, avant de se prononcer, plus globalement pour des mesures de prévention de la pénibilité et pour des reconversions professionnelles plus faciles.

Devenir chauffeur routier à 45 ans ?

Il est ainsi impossible, selon lui, de «taper sur la ferraille» jusqu'à 65 ans. Par conséquent, «à 45 ans, on doit pouvoir se reconvertir et faire autre chose», a-t-il complété, en citant comme exemple de métier moins pénible celui de «chauffeur routier, ou quoi que ce soit» et en annonçant qu'un volet de la réforme porterait sur ces changements professionnels. «La réforme n'est pas hémiplégique», a aussi déclaré le vice-président du groupe Renaissance, mettant en avant le fait que le projet tiendrait compte de la pénibilité subie par certains salariés.

Ces déclarations ont suscité des réactions à la fois virulentes et moqueuses, dont celle du sociologue et rédacteur en chef de Frustration magazine Nicolas Framont. «La prochaine fois invitez un carreleur pour parler des conditions de travail des carreleurs, et pas Marc Ferracci, universitaire parisien fils d'universitaire parisien», a-t-il cinglé, jugeant qu'un plateau plus représentatif «pourrait nous épargner ce genre de conneries».

Dans un autre message, il a fait le lien, à l'instar de l'économiste Mathieu Cocq, entre cette sortie de Marc Ferracci et l'étrange argument employé mi-décembre par le sénateur macroniste François Patriat pour justifier la réforme gouvernementale.

L'ancien député socialiste, élu à l'époque du passage de la retraite à 60 ans, avait alors expliqué que l'âge de départ à la retraite pouvait désormais être fixé à 65 ans dans la mesure où les  travailleurs manuels tels que les déménageurs et les couvreurs disposent de nos jours de meilleures conditions de travail, notamment grâce à des «exosquelettes». Sa déclaration et sa connaissance des réalités du monde du travail avaient alors été copieusement raillées, avant qu'il ne reconnaisse avoir «un peu forcé le trait».

L'insoumission - la plateforme d’actualités de La France insoumise - a également vivement réagi aux propos de Marc Ferracci par la voix de son responsable Pierre Joigneaux, décernant à la macronie le titre de «championne du monde de la déconnexion» et ironisant sur ces genouillères «magiques», à la suite des exosquelettes de François Patriat. «La bourgeoisie défend la retraite à 64 ans… le c*l assis confortablement dans ses salons», a-t-il taclé.

Affirmant que 80 % des Français sont opposés à la réforme voulue par Emmanuel Macron, la plateforme invite tous les salariés exerçant un métier pénible («caissière, cheminot, soignante, carreleur, ouvrier ou employé») à lui envoyer leurs témoignages dans le cadre de la mobilisation à venir, alors que la Premier ministre Elisabeth Borne dévoile ce 10 janvier le contenu du projet si controversé.

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