Deux Ukrainiennes congédiées d'un bar à Montparnasse : que s'est-il passé ?

Deux Ukrainiennes congédiées d'un bar à Montparnasse : que s'est-il passé ?© Capture d'écran Google Street view
Le Cosy Montparnasse, à Paris.
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Une vidéo dans laquelle un gérant de bar enjoint à deux Ukrainiennes à quitter son établissement a provoqué une vague de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux. L'individu affirme que l'expulsion des clientes n'est pas liée à leur nationalité.

La vidéo a été massivement relayée sur les réseaux sociaux, le 19 octobre. On y voit un homme travaillant dans un bar, au T-shirt au nom de l'établissement «Le Cosy», dire au propriétaire du téléphone filmant la séquence : «I'm French, Viva Poutine !», puis faire signe à cette personne de quitter les lieux. 

Repérée par des comptes tels que le média pro-Ukraine Nexta ou celui du vice-président de l’Union des Ukrainiens de France, cette séquence, relayée sans contexte, a suscité une avalanche de commentaires négatifs à l'encontre de l'établissement en question, Le Cosy Montparnasse à Paris, et de son gérant présumé. De nombreux internautes ont appelé à laisser des commentaires négatifs et à attribuer des notes calamiteuses sur les pages du bar sur les réseaux sociaux, afin de sanctionner ce qu'ils considèrent être un acte xénophobe anti-ukrainien.

Selon le gérant, l'expulsion des clientes n'est pas liée à leur nationalité

Que s'est-il passé exactement ? Le gérant du Cosy Montparnasse – qui est bien l'homme apparaissant dans la vidéo – a donné sa version des faits à plusieurs média. Selon elle, il s'est agi d'une altercation sans dimension politique. 

A BFM TV, le gérant déclare que deux clientes souhaitaient utiliser les sanitaires du bar – or, dans l'établissement, il faut passer une commande avant de se rendre aux toilettes. Le gérant rapporte qu'une serveuse est allée voir ces clientes à plusieurs reprises après leur retour des toilettes, afin de prendre leur commande – en vain.

Dans un entretien à RIA Novosti, le gérant dit avoir attendu «cinq minutes, peut-être plus» avant de diriger la serveuse vers les clientes. «Elles ont dit à la serveuse : "Nous sommes ukrainiennes", la serveuse a répondu : "D'accord, oui et alors, vous êtes ukrainiennes, vous voulez boire quoi ?" Et là elles [ont été] choquées», rapporte-t-il à l'agence de presse. Et de poursuivre : «Peut-être [qu']elles ne s'attendaient pas à cette réaction... Pour nous, elles sont ukrainiennes ou russes ou allemandes, on s'en fout». Le professionnel affirme avoir «insisté», leur avoir proposé de prendre au moins un café à emporter.

Selon son récit, les deux clientes lui auraient par la suite montré l'interface Google sur leur téléphone, le menaçant de lui faire de la mauvaise publicité. «Je leur ai dit : ok c'est bon, vous pouvez partir – j'en avais marre», poursuit le gérant. Alors, une des deux clientes aurait écrit sur son téléphone, en version traduite : «Nous sommes Ukrainiens, on va vous faire une mauvaise publicité, pour votre personnel et vous». Et le gérant d'expliquer sa réaction : «Ah, j'ai dit, vous êtes Ukrainiens, et moi je suis Poutine - parce qu'elles m'ont énervé. Sauf que sur Internet, elles ont marqué qu'on a refusé de leur servir. C'est fou, c'est pas normal.»

Pour nous, elles sont ukrainiennes ou russes ou allemandes, on s'en fout

Depuis cet événement, le gérant dit auprès de BFM TV avoir reçu des menaces à cause de la vidéo.

Quant aux deux clientes, elles ont également fourni leur version à la chaîne télévisée : il s'agit d'une mère et de sa fille, des Ukrainiennes âgées de 50 et 18 ans, qui sont arrivées en France il y a trois mois et se trouveraient dans une situation financière délicate. «Nous avons expliqué à la serveuse que puisque nous sommes des réfugiées ukrainiennes, nous avons un budget réduit et qu’il est important pour nous de savoir combien cela nous coûte», explique l'une des deux femmes à BFM. Selon elle, la serveuse n'aurait pas été émue par leur sort, et leur aurait déclaré «dans un langage obscène» que «les Ukrainiens ne sont pas les bienvenus dans leur établissement». Puis, selon l'une des deux clientes – toujours citée par la chaîne télévisée – elle aurait décidé d'appeler le gérant. «C’est vraiment la première et unique fois que nous rencontrons ce genre de situation en France», témoigne-t-elle.

Vagues de notes et commentaires négatifs

Par la suite, le 20 octobre, un compte YouTube affichant de nombreuses vidéos militantes pro-Ukraine, appelé «Life For People», a diffusé une vidéo dans laquelle on suit un individu entrer dans l'établissement, et exiger du gérant de s'expliquer au sujet de la vidéo précédente. Cette nouvelle vidéo comporte des séquences distinctes, qui ne permettent pas de suivre sans discontinuer l'interaction entre l'individu qui filme et le gérant. Dans une des séquences, le gérant dit, en anglais : «Je suis désolé pour la population d'Ukraine».

Des excuses et explications qui n'ont pas fait remonter la note du «Le Cosy Montparnasse» sur Google – seulement deux étoiles sur cinq, dans les «avis» de l'établissement sur le moteur de recherche au 20 octobre. Ni fait disparaître la longue liste de commentaires calamiteux ajoutés à la page Facebook du bar la veille.

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