Roland Dumas : «Le socialisme d'aujourd'hui est un peu mou, à l'image du président de la République»

Ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, Roland Dumas suit toujours de près l'actualité française et internationale qu'il commente régulièrement. L'équipe de RT France est allée à sa rencontre.

A l’époque où Roland Dumas était ministre des Affaires étrangères, la France vivait encore dans l’héritage du général de Gaulle et la sortie du commandement de l’OTAN, qui avait dû quitter Paris pour s’installer à Bruxelles en 1967.

«Maintenant nous sommes dans le commandement intégré, cela été mis en place par Sarkozy, puis renouvelé et confirmé par l’actuel président donc cela change un peu les choses. On nous a dit au début qu’on pourrait parler et dire ce qu’on a à dire… Mais le problème ce n’est pas de parler, c’est d’être écouté» nous a confié le sixième président du Conseil Constitutionnel.


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Concernant le récent réchauffement des relations diplomatiques et commerciales avec l'Iran, Roland Dumas s'est rappelé des consignes qui étaient données aux officiels français par les américains après la Révolution islamique de 1979 :

«Pendant des années on a dit qu’il ne fallait pas toucher à l’Iran, c’était à un point que vous n’imaginez pas. Sur ordre des Etats-Unis, de l’Alliance Atlantique, on n’avait pas le droit de parler à l’Iran, cela a duré sept ou huit ans. Souvenez-vous de monsieur Fabius, qui à l’époque était mon successeur, et qui venait à la télévision pendant des mois et des mois, disant : ‘Il faut rompre aujourd’hui avec l’Iran, jamais ils n’auront notre agrément’. Aujourd’hui, il avale son chapeau».

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Roland Dumas est aussi revenu sur le traité de Maastricht, qu’il avait ratifié en 1991 au nom de la France. François Mitterrand considérait que ce texte, mettant notamment en place l’Euro, était «plus important que le Traité de Rome», accord ayant aboutit sur la création de la Communauté Economique Européenne (CEE), prémisse de l'UE. Si aujourd'hui certains estiment que l'Union Européenne est menacée par la vague migratoire qu'elle subit, l'ancien ministre pense qu'il ne s'agit là que d'un «épiphénomène», et que l'Europe sera là pendant encore «200 ou 300 ans».

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