Face à la flambée des prix, l'ONU appelle à agir contre la dette des pays défavorisés

- Avec AFP

Berger, Faim, Kenya© Brian Inganga Source: AP
Un berger passe devant les carcasses de ses chèvres mortes de faim à Dertu, dans le comté de Wajir, au Kenya, le 24 octobre 2021 (illustration).
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La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement alerte sur les conséquences du conflit en Ukraine pour les pays les moins riches. Parmi elles, une hausse des prix alimentaires qui s’ajoutera au coût de la pandémie de COVID-19.

«Comment faire désormais face à l'augmentation des prix des carburants, des denrées alimentaires et des engrais ?», s’alarme Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), dans un entretien avec l’AFP.

La représentante de l’agence internationale – dont la mission est d’aider à mieux intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale – explique que les hausses de prix de produits essentiels liées au conflit ukrainien, s’ajoutent aux effets de la pandémie de Covid-19. Elle souligne que la crise sanitaire avait déjà réduit la marge de manœuvre budgétaire des pays en développement et alourdi leur dette.

Le coût du fret a augmenté de 34% depuis le début du conflit le 24 février, selon l'organisation qu'elle dirige. Les problèmes de transport et les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales entraînent, en outre, une hausse des coûts et des prix. Rebeca Grynspan redoute que les pays les moins riches ne soient pas en mesure d'y faire face sans aide. Aussi réclame-t-elle des mécanismes pour résoudre leurs problèmes de liquidités et de dette. 

«Nous avons besoin d'un meilleur mécanisme de restructuration de la dette et d'allègement de la dette. C'est quelque chose qui doit être discuté au sein du G20 et également lors des réunions de printemps que nous aurons en avril, à la Banque mondiale et au FMI», plaide l'ancienne vice-présidente du Costa Rica. Selon la Cnuced, les pays en développement devraient avoir besoin de 310 milliards de dollars pour assurer le service de la dette publique extérieure en 2022, l'équivalent de 9,2% de l'encours de la dette publique extérieure à la fin de 2020.

Les pays qui semblent vulnérables à un choc brutal en raison de la combinaison d'importantes pressions de refinancement et d'un ratio service de la dette/exportations élevé sont le Pakistan, la Mongolie, le Sri Lanka, l'Angola et l’Egypte. L’institution financière a déjà mentionné une demande de soutien financier du Caire.

36 pays particulièrement menacés

Rebecca Grynspan dénonce aussi le poids que représentent les échéances de remboursement de la dette dans les pays en développement. «Après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'un soutien a été accordé à l'Allemagne, il a été établi que l'Allemagne ne serait pas en mesure de payer un service de la dette à plus de 5% de ses recettes d'exportation. Vous savez à combien s'élève actuellement le service de la dette des pays les moins développés ? 15% de leurs recettes d'exportation !», s'insurge-t-elle. 

Aussi, elle demande une suspension du service de la dette en faveur des pays à faible revenu, comme cela a été le cas pendant la pandémie de Covid-19 jusqu'à fin 2021. Elle demande par ailleurs une augmentation des financements accordés aux banques multilatérales de développement, y compris les institutions régionales, afin que ces dernières puissent apporter un soutien accru aux pays en développement. La voix de la Cnuced estime en outre qu’une action coordonnée est urgente, pour éviter que le conflit en Ukraine ait «un effet domino» sur les pays en développement, ce qui entraînerait «une crise de la dette» et une «crise de la faim», qui se répercuterait sur l'architecture financière mondiale». 

Les importateurs nets de produits alimentaires sont ceux qui souffriront le plus des répercussions économiques de l'offensive militaire russe en Ukraine, selon la Cnuced. L’organisation dispose d'une liste de 36 pays très dépendants des importations de blé en provenance d'Ukraine et de Russie. «Il convient de les surveiller de toute urgence. La plupart d'entre eux se trouvent en Afrique et au Moyen-Orient», a précisé Mme Grynspan.

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