Les pays occidentaux auraient renoncé à leur projet d'exclure la Russie du réseau bancaire SWIFT

Le logo SWIFT au siège du réseau bancaire à Bruxelles, le 26 juin 2006© Jacques COLLET / BELGA Source: AFP
Le logo SWIFT au siège du réseau bancaire à Bruxelles, le 26 juin 2006 (illustration)
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Selon Reuters, les pays occidentaux auraient renoncé à la possibilité d'exclure la Russie du réseau bancaire SWIFT. Cet abandon ferait suite aux pressions exercées par plusieurs pays européens inquiets pour leurs investissements en Russie.

Selon une information rapportée par Reuters le 11 février, les États-Unis et leurs alliés européens auraient abandonné l'idée d'exclure la Russie du réseau bancaire SWIFT en cas de regain de tension dans la crise ukrainienne.

Plusieurs responsables européens et américains, interrogés par Reuters et souhaitant rester anonymes, ont confirmé que les Etats-Unis et l'UE seraient en train de finaliser un vaste éventail de sanctions pouvant être rapidement déployées si la Russie venait à envahir l'Ukraine, et ce malgré les nombreux démentis de Moscou. Ces mesures cibleraient les principales banques russes, mais n'iraient pas jusqu'à exclure la Russie du réseau SWIFT.

Un responsable américain a confirmé à Reuters que la liste des banques russes visées par ces sanctions pourraient inclure VTB et Sberbank, les deux plus banques publiques de Russie. Les sanctions envisagées incluraient également un renforcement des contrôles sur les exportations russes dans les domaines de la haute technologie et de l'armement, ainsi que des mesures spécifiques contre plusieurs oligarques.

Selon trois sources impliquées dans la conception des sanctions, l'idée d'exclure la Russie du réseau SWIFT aurait été abandonnée suite à des pressions exercées par plusieurs pays européens. Plusieurs institutions financières européennes s'inquièteraient du fait qu'une exclusion de la Russie empêcherait cette dernière de rembourser les prêts contractés auprès des banques européennes. «L'objectif est de concevoir des sanctions qui toucheraient la Russie tout en limitant les dommages collatéraux pour ceux qui les imposent», a expliqué l'une des sources citée par Reuters.

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien confirme l'abandon du projet

Ces informations viennent confirmer les propos du ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmitry Kuleba, qui dans un entretien à la télévision locale 1+1, le 12 février, a affirmé que le projet d'exclure la Russie de SWIFT n'était plus à l'ordre du jour suite aux pressions exercées par plusieurs pays membres de l'UE que Dmitry Kuleba a refusé de nommer. 

«C'est le résultat de décisions internes au sein de l'Union européenne, car certains pays [...] ne sont pas prêts à voir leurs propres intérêts mis en péril par une exclusion de la Russie du réseau SWIFT», a expliqué le ministre ukrainien.

Une exclusion de la Russie aurait de graves conséquences pour l'économie mondiale et les pays occidentaux

Néanmoins, même dans l'éventualité où les Etats-Unis décidaient de franchir le pas et de sanctionner la Russie en l'excluant du réseau SWIFT, les sanctions américaines pourraient ne pas avoir l'effet escompté par Washington, comme le démontre le journal britannique The Economist dans un article publié le 18 décembre dernier.

L'exclusion de la Russie du réseau SWIFT aurait, certes, des conséquences néfastes pour l'économie russe du fait de la fuite de capitaux qu’entraînerait une telle mesure, cependant, les banques russes et leurs partenaires étrangers réagiraient en utilisant d'autres moyens de communication ainsi qu'en recourant au système SPFS, l'équivalent russe du réseau SWIFT.

Qui plus est, la perturbation majeure d'une économie s'étirant de l'Atlantique au Pacifique se répercuterait immanquablement sur tous les pays ayant des relations commerciales avec la Russie – et ils sont nombreux. Toujours selon The Economist, la Russie est le cinquième partenaire commercial de l'UE et les banques européennes abritent 56 milliards de dollars de créances appartenant à des résidents russes. Autre information notable, la Russie fournit près de 35% des importations européennes de gaz naturel, tout en abritant 310 milliards d'euros d'actifs européens.

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