Après la Chine, l’Inde envisage d’interdire les monnaies cryptées comme le bitcoin

Après la Chine, l’Inde envisage d’interdire les monnaies cryptées comme le bitcoin© Dado Ruvic Source: Reuters
Représentation des monnaies virtuelles bitcoin et ethereum sur fond de carte mère d’ordinateur (illustration).
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Les médias indiens évoquent un projet de loi pour bannir dans le pays l’usage des cryptomonnaies privées et en créer une sous le contrôle de la Banque centrale. En septembre la Chine a déjà franchi le pas.

Les médias indiens rapportent qu’une proposition de loi visant à interdire les cryptomonnaies privées a été ajoutée à l'ordre du jour du Parlement indien. Le texte intitulé «Projet de loi sur la cryptomonnaie et la réglementation de la monnaie numérique officielle 2021», doit être présenté lors de la prochaine session parlementaire qui commence le 29 novembre.

Selon un bulletin du Parlement, cité par les médias indiens «l'intention déclarée du projet de loi est de créer un cadre facilitant la création de la monnaie numérique officielle qui sera émise par la Reserve Bank of India».

En juin la banque centrale indienne avait exprimé de «graves inquiétudes» concernant les cryptomonnaies privées telles que le bitcoin ou l'ethereum, et déclaré qu'elle travaillait sur sa propre monnaie numérique, qui serait introduite d'ici la fin de l'année. Mais le projet fait débat dans le pays depuis plusieurs semaines et l’interdiction totale des cryptomonnaies privées n’est pas encore certaine.

Selon Reuters, citant une source ayant participé à une table ronde organisée par le Lok Sabah, chambre basse du Parlement indien en début de semaine, la nouvelle réglementation pourrait se limiter à empêcher le marketing et la publicité des cryptomonnaies, afin d'atténuer leur attrait pour les investisseurs.

Modi intervient personnellement

En fin de semaine précédente, à l’occasion de la réunion du Dialogue de Sydney, un sommet annuel sur les nouvelles technologies, le Premier ministre indien Narendra Modi a appelé à la coopération internationale pour garantir que les cryptomonnaies comme le bitcoin ne «finissent pas entre de mauvaises mains».

Il n’a pas développé ses craintes dans son discours prononcé virtuellement, mais les autorités en Inde ont évoqué récemment à plusieurs reprises les dangers de l'utilisation des cryptomonnaies par des groupes terroristes et le crime organisé, ainsi que le risque de déstabilisation qu'elles feraient peser sur les économies nationales.

Selon des données de la société  blockchain Chainalysis citée par Reuters le marché indien des devises numériques est passé d’une valeur d’un peu plus de 900 millions de dollars en avril 2020 à 6,6 milliards de dollars en mai 2021.

La Chine a déjà franchi le pas en septembre de l’interdiction de toutes les activités commerciales liées aux monnaies digitales privées sur son territoire ainsi que pour toutes les entreprises installées en Chine, nationales ou étrangères. Il s’agissait de toute évidence de faire place nette pour imposer la monnaie digitale de sa propre banque centrale.

A l’inverse, le Salvador a officialisé en juin le bitcoin pour les transactions du quotidien. Son président Nayib Bukele a été jusqu’à présenter, au cours d’une manifestation publique spectaculaire le 20 novembre, son projet de Cité du bitcoin, vouée à l’économie numérique.

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