Brexit : Biden menace Londres en cas de non-respect de l’accord sur l'Irlande du Nord de 1998

Brexit : Biden menace Londres en cas de non-respect de l’accord sur l'Irlande du Nord de 1998© Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA Source: AFP
L'ancien vice-président et candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden (image d'illustration).

Joe Biden et des membres du Congrès des deux partis ont accusé le gouvernement britannique de menacer l'accord du Vendredi saint sur la paix en Irlande du Nord, en compromettant l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE. Ce dont Londres se défend.

«Nous ne pouvons pas permettre que l'accord du Vendredi saint qui a apporté la paix en Irlande du Nord devienne une victime collatérale du Brexit», a lancé Joe Biden, candidat des Démocrates à l’élection présidentielle américaine, dans un tweet publié sur son compte le 16 septembre. «Tout accord commercial entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni doit être subordonné au respect de l'Accord et empêcher le retour d'une frontière physique. Point», a-t-il ajouté.

Le message est accompagné de la copie d’une lettre à l’en-tête de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, adressée au Premier ministre Boris Johnson. Ses quatre signataires (deux Démocrates et deux Républicains) expriment leur «grave préoccupation» au sujet d’articles faisant état de travaux législatifs britanniques visant à remettre en cause les dispositions concernant l’île d’Irlande incluses dans l’Accord de retrait signé par le Royaume-Uni et l’Union européenne à la fin de l’année 2019. 

Dans leur lettre, les quatre signataires rappellent la participation des Etats-Unis à l’élaboration de l’accord dit du Vendredi saint, signé en 1998, visant à mettre un terme au conflit nord-irlandais. Ils concluent en appelant instamment Boris Johnson à «abandonner toute démarche injuste et légalement contestable pour faire fi du protocole sur l’Irlande du Nord de l’Accord de retrait», celui-ci garantissant le respect des dispositions de l'accord de 1998 signé à l'époque ou Irlande et Royaume-Uni était tous deux des Etats-Membres de l'Union européenne. 

Ils rappellent également que Nancy Pelosi, présidente démocrate de la chambre basse du Parlement américain a déjà mis en garde le Royaume-Uni : toute remise en cause des dispositions empêchant le retour à une frontière physique en Irlande pousserait le Congrès à s’opposer à la signature de l’accord de libre-échange négocié entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Pompeo exprime sa confiance dans le Royaume-Uni

S'il y a consensus à la Chambre des représentants pour mettre en garde Londres sur la question irlandaise, le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Mike Pompeo, lors de sa rencontre à Washington avec le secrétaire aux Affaires étrangères britannique Dominic Raab, n’a pas ménagé son soutien à son hôte. Au cours de la conférence de presse commune qui a suivi leur rencontre, Mike Pompeo, interrogé par un correspondant de la BBC, a exprimé sa confiance dans le Royaume-Uni, et a reconnu, à propos de la question irlandaise, «la complexité de la situation».  

Dominic Raab, en référence tacite à la mise en garde de Nancy Pelosi qu’il devait rencontrer un peu plus tard lors de sa visite, a de son côté assuré que l’«engagement [du Royaume-Uni] à éviter toute infrastructure supplémentaire à la frontière entre le Nord et le Sud [était] absolu». Et le ministre d'ajouter : «Les actions du Royaume-Uni sont défensives, en réaction à ce que fait l'UE. Ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est que l'UE cherche à ériger une frontière réglementaire le long de la mer d'Irlande, entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.»

Pour le membre du gouvernement britannique, c'est au contraire la «politisation» de la situation irlandaise par Bruxelles, qui met en péril l'accord du Vendredi saint : «C'est une excellente occasion de dire clairement que la menace qui pèse sur l'accord du Vendredi saint, telle qu'elle est reflétée dans le protocole d'Irlande du Nord, vient de la politisation de la question par l'UE.»

Le protocole nord-irlandais, compris dans l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE (signé par Londres et Bruxelles), vise à garantir l'absence de frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande (Eire), membre de l'UE. Dans le cadre de ce texte, l'Irlande du Nord doit continuer à faire appliquer les règles douanières de l'UE, et se conformer aux normes européenne sur les produits standards, rendant inutile les contrôles des marchandises en provenance d'Irlande du Nord (non-membre de l'UE) vers la République d'Irlande.

Mais, alors que l'Irlande du Nord continuera à suivre les règles de l'UE, le reste du Royaume-Uni cessera de le faire après le 31 décembre. Ce qui signifie que des contrôles seront nécessaires sur certaines marchandises entrant en Irlande du Nord en provenance de Grande-Bretagne (Angleterre, Ecosse et Pays de Galles).

Or, selon Boris Johnson, dans le cadre des négociations sur l'après-Brexit, Bruxelles menace de «blocus» alimentaire les échanges entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne, si aucun accord n'est conclu au terme de la période de transition, fin 2020. Et, pour se protéger de cette menace présumée de blocus, Londres a décidé de passer un projet de loi revenant sur le protocole irlandais.

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