La présidente de la Commission européenne veut «revoir» les règles de la concurrence

La présidente de la Commission européenne veut «revoir» les règles de la concurrence Source: AFP
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une réunion du Parlement de l'Union européenne le 18 décembre 2019 à Strasbourg.
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Ursula von der Leyen promet de «revoir» les règles de la concurrence qui ont empêché la fusion entre Alstom et Siemens. Entre temps, Margrethe Vestager, la commissaire à la concurrence reconduite dans ses fonctions, a mis de l’eau dans son vin.

«Nous allons les revoir», promet Ursula von der Leyen interrogée au sujet des règles de la concurrence dans un long entretien publié ce 27 décembre par le quotidien Les Echos. «Elles ont été excellentes quand il s'agissait de se pencher sur le marché européen. Mais la question, aujourd'hui, est de savoir si elles sont adaptées à ce XXIe siècle mondialisé», ajoute la nouvelle présidente de la Commission européenne en fonction depuis le 1er décembre.

Pour la chrétienne démocrate allemande, chef de file du parti populaire européen (PPE) auquel est aussi affilié le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire : «Il ne s'agit pas seulement d'avoir un marché européen concurrentiel, mais aussi d'être compétitifs sur la scène internationale.»

Sans remettre en cause les décisions prises par Margrethe Vestager – la commissaire européenne qui avait empêché la fusion entre la branche transport du français Alstom et de l’allemand Siemens et qu’elle ne mentionne pas une seule fois dans l’interview – Ursula von der Leyen préconise désormais «une approche plus sectorielle, adaptée aux circonstances». Et elle explique : «Si une industrie est dominée par un oligopole mondial, l'enjeu de concurrence devient tout autre : il est évident qu'il ne s'agit plus de se focaliser sur le seul périmètre européen.»

Taxe carbone aux frontières

Adepte d’une certaine forme de protectionnisme ? La présidente de la commission européenne n’hésite pas proposer d’instaurer une taxe carbone aux frontières pour défendre, par exemple la compétitivité de technologies bas-carbone européennes et cite l’exemple en Suède d’«une recherche assez avancée pour produire de l'acier sans émettre de CO2».  

Prévoyant que «quand ce produit sera sur le marché, il sera certainement un peu plus cher que celui produit actuellement», elle estime qu’il sera du «devoir [de la Commission européenne] de protéger ces nouvelles technologies propres face à la menace d'une déferlante de produits polluants et lourdement subventionnés.»

Entre temps, la Commissaire européenne à la Concurrence et vice-présidente (une des huit) de la commission Margrethe Vestager, a révisé radicalement ses positions sur les «champions européens», ce qui semble avoir été une condition posée par Paris et Berlin à sa reconduction dans ses fonctions.

Désormais d'accord pour subventionner un champion européen

Ainsi, début novembre dans les colonnes du quotidien francophone bruxellois Le soir, la commissaire sortante disait tout le mal qu’elle pensait de champions européens «biberonnés et chouchoutés» et affirmait : «Nous n'avons pas de programme pour créer des champions européens et nous ne devrions pas avoir de programme de ce type.»

Un mois plus tard, elle tenait au-dessus des fonts baptismaux l’airbus naissant de la batterie électrique, doté de 3,2 milliards d’euros de subventions publiques grâce au statut de Projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) et déclarait : «La production de batteries en Europe revêt un intérêt stratégique pour notre économie et notre société compte tenu de son potentiel en termes de mobilité propre et d'énergie, de création d'emplois, de durabilité et de compétitivité. […] L'aide autorisée permettra de garantir que ce projet important ira de l'avant sans fausser indûment la concurrence.»

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