La Deutsche Bank va créer une banque poubelle pour y loger 50 milliards d’euros d’actifs douteux

La Deutsche Bank va créer une banque poubelle pour y loger 50 milliards d’euros d’actifs douteux Source: AFP
En signe de protestation contre la gestion de la Deustche Bank, des petits actionnaires ont installé une maquette de pierre tombale portant l’année de naissance de la banque et celle supposée de sa mort : 2019, le 23 mai 2019 à Francfort (ouest de l’Allemagne) le 23 mai 2019.

La deuxième banque allemande peine toujours à se remettre des conséquences de la crise des subprimes en 2008 à laquelle elle a été très exposée. Aujourd’hui elle essaye de réduire la voilure et recentre ses activités sur l'Europe.

Citant «une source proche du dossier» l’agence Reuters a confirmé le 17 juin une information publiée le jour même par le quotidien britannique Financial Times selon laquelle la première banque allemande, la Deutsche Bank envisage de réorganiser ses activités avec la mise sur pied d’une structure de défaisance, qui détiendra des dizaines de milliards d’euros d’actifs financiers. La banque envisagerait également la réduction, voire la fermeture, de ses activités de trading situées hors d’Europe, et en particulier aux Etats-Unis.

Selon le quotidien britannique Financial Times, les actifs appelés à être logés dans la structure de défaisance pourraient valoir après ajustement des risques jusqu’à 50 milliards d’euros et seraient composés de produits dérivés à longue échéance (contrats à terme).

Avec la création de cette structure, le président du directoire de Deutsche Bank Christian Sewing poursuit la réorientation stratégique de l’établissement avec une réduction de la voilure dans la banque d’investissement et une concentration sur les services et la gestion des fortunes privées.

La division banque d’investissement, qui reste une importante source de revenus pour Deutsche Bank, n’a pas réussi à renouer avec une profitabilité durable depuis la crise financière de 2007-2009.

L’établissement a essayé de redresser cette division mais a rencontré des obstacles multiples, tels des accusations de blanchiment d’argent et des échecs à des tests de résistance. Deutsche Bank avait approché Commerzbank, son concurrent le plus proche, en vue d’une fusion mais le projet a avorté en avril.

Sous la pression de certains investisseurs, Christian Sewing a dit fin mai, lors de l’assemblée générale, que Deutsche Bank était prête à effectuer des «réductions drastiques» dans la banque d’investissement, dont l’avenir ne cesse de s’assombrir après l’échec de plusieurs restructurations.

«Comme nous l’avons dit lors de l’assemblée générale du 23 mai, Deutsche Bank met au point des mesures destinées à accélérer sa transformation en vue de l’amélioration de sa rentabilité durable. Nous tiendrons au courant tous les actionnaires quand cela sera nécessaire», a annoncé l'établissement bancaire dans un courriel en réponse aux informations du Financial Times.

Impact durable de la crise des subprimes

Le journal note que Christian Sewing pourrait annoncer les changements à l’occasion de la publication des résultats semestriels de Deutsche Bank, prévue le 24 juillet.

Fondée à la fin du XIXe siècle pour financer le commerce extérieur allemand, la Deutsche Bank fut longtemps une des premières banques d’Europe et figurait encore il y a quelques années dans le top 10 mondial des banques privées (gestion de patrimoine). Mais la crise des subprimes en 2008 lui a été fatale. Accusée par les autorités judiciaires des Etats-Unis d’y avoir contribué elle a dû payer en 2016 près de 7 milliards d’euros d’amende.

Depuis, elle a dû procéder à plusieurs augmentations de capital, mais le cours de son action n’a cessé de chuter. Après l’annonce de la création de la structure de défaisance le cours est tombé aux environs de 6 euros. Depuis le début de l’année la valeur de Deutsche Bank a chuté de près de 12% après une chute de 56,1% en 2018.

Depuis un plus haut en 2010 aux environs de 54 euros, la capitalisation de la Deutsche Bank a fondu de près de 85%. A titre de comparaison, l’indice regroupant les valeurs bancaires européennes est quasiment inchangé depuis le début de l’année (-0,3%) après une baisse de 28% l’an dernier.

Après l’échec de la tentative de fusion avec sa première concurrente nationale, la Commerzbank, c’est désormais la survie même de la Deutsche Bank qui est en jeu. Mais pour ses cadres supérieurs tout va bien. En mai le quotidien les Echos publiait les résultats d'une enquête selon laquelle la Deutsche Bank arrivait en tête des banques européennes, loin devant Barclays, HSBC et BNP Paribas pour le nombre de cadres payés plus d'un million d'euros par an. 

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