Le Portugal lance le premier emprunt Panda de la zone euro et resserre sa coopération avec la Chine

- Avec AFP

Le Portugal lance le premier emprunt Panda de la zone euro et resserre sa coopération avec la Chine Source: AFP
Vue du port industriel de Sines dans lequel le gouvernement portugais a appelé la Chine à investir pour en faire la « porte atlantique » des Nouvelles Routes de la soie, (photo d’illustration prise en juin 2012).
Suivez RT France surTelegram

En lançant un emprunt en Chine et en ouvrant son plus grand port aux capitaux chinois, le Portugal montre qu'il mise sur sa coopération avec Pékin en dépit des avertissements de Washington et des inquiétudes de Bruxelles.

Le gouvernement portugais a annoncé le 22 mai qu'il allait devenir le premier Etat de la zone euro à lancer un Panda bond, c’est-à-dire un emprunt libellé en yuan mais réservé aux investisseurs étrangers. 

Il sera d’un montant de 2 milliards de yuan, soit 240 millions d’euros. Le gouvernement portugais a aussi invité les entreprises chinoises à investir dans le port de Sines (sud-ouest) pour en faire la porte atlantique du projet des Nouvelles Routes de la soie lancé par Pékin.

Alors que la Commission européenne met en place un mécanisme de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, qui vise essentiellement la Chine, le Portugal se montre toujours aussi accueillant. L'investissement chinois au Portugal est estimé à quelque 10 milliards d'euros, soit environ 3% du PIB, et place le pays au 7e rang européen, selon des données du ministère de l'Economie.

Frappé de plein fouet par la crise de la dette en 2011, le Portugal a permis à plusieurs fleurons de son économie d'ouvrir largement leur capital aux Chinois, tels le groupe Energias de Portugal (EDP), la première banque privée BCP, la principale compagnie d'assurances Fidelidade ou le gestionnaire du réseau électrique REN.

Pendant l'OPA du groupe public chinois China Three Gorges sur EDP, qui a échoué fin avril, l'ambassadeur des Etats-Unis à Lisbonne avait reproché au Portugal sa dépendance vis-à-vis de la Chine dans un contexte de rivalité croissante entre Washington et Pékin.

«Une étape symbolique»

Mais pour le vice-président de la Chambre de commerce et de l'industrie luso-chinoise, Fernando Costa Freire, l'emprunt en Yuan ouvert aux investisseurs étrangers de 240 millions d'euros que le Portugal va lancer la semaine prochaine en Chine est «une étape symbolique qui marque l'approfondissement de leurs rapports économiques».

L'homme d'affaires portugais, qui a récemment investi dans le rachat des activités européennes de l'agence de notation financière chinoise Dagong a estimé que la portée de cette décision était «essentiellement politique».

«Elle signifie que le Portugal continuera à défendre ses intérêts et à emprunter la voie de l'intégration avec la Chine en dépit du bruit qui entoure la Chine dans d'autres pays européens", a-t-il conclu en marge d'une conférence consacrée aux rapports économiques entre les deux pays.

A cette occasion, la ministre portugaise des Affaires de la mer, Ana Paula Vitorino, a appelé les entreprises chinoises à investir dans la concession d'un nouveau terminal de containers dans le port de Sines, situé à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne.

L'appel d'offres, qui sera lancé d'ici juillet et représente, «une superbe occasion pour les entreprises chinoises» selon José Luis Gacho, le président de l'entreprise publique qui gère le port. «Sines pourrait devenir une des pièces essentielles du puzzle formé par les nouvelles routes de la soie», a-t-il souligné.

Juste avant la visite au Portugal du président chinois Xi Jinping, en décembre 2018, le Premier ministre portugais Antonio Costa avait annoncé vouloir intégrer le port de Sines à l'ensemble de ces projets d'infrastructures censés permettre à Pékin de développer ses relations commerciales à travers l'Asie, l'Europe et l'Afrique.

Le Portugal est alors devenu le premier pays de l'ouest de Europe à signer avec le gouvernement chinois un mémorandum d'accord sur ce sujet, dans le sillage de la Grèce et de plusieurs pays d'Europe de l'Est. En mars de cette année, l'Italie a elle aussi rejoint cette initiative.

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix