«Plus d’enfants-moins d’impôts» : Poutine fait de l’accroissement démographique une priorité

«Plus d’enfants-moins d’impôts» : Poutine fait de l’accroissement démographique une priorité Source: Reuters
Discours annuel du président de la Fédération de Russie à l’Assemblée fédérale russe, à Moscou le 20 février 2019.

Cette année, l'introït du discours présidentiel aux deux chambres du Parlement russe a consisté en la présentation d’une politique volontariste de soutien à la natalité. En Russie elle passe en partie par une dynamisation du marché de l’immobilier.

En 2018, le discours du président russe, alors candidat à sa succession, avait reposé sur deux axes principaux : le développement économique du pays et ses avancées stratégiques en matière de défense. Vladimir Poutine avait alors fixé un objectif d’augmentation de 50% du produit intérieur brut par habitant d’ici 2025 et avait dévoilé six nouvelles armes stratégiques développées «pour garantir la souveraineté de la Russie», parmi lesquelles les missiles embarqués hypersoniques Kinjal et les missiles balistiques Sarmat.

Cette année, le président russe est confronté à une importante baisse de son taux de popularité. Elle est le prix d’une douloureuse mini-réforme des retraites et – en Russie aussi – à la hausse des prix des carburants.

En s'adressant au Parlement Vladimir Poutine a placé son engagement personnel en faveur de l’amélioration du niveau de vie des Russes au cœur de l'action du gouvernement. Cette question était d’ailleurs déjà indirectement présente dans son discours du 1er mars dernier mais, à l’époque, sous la forme d’un objectif d’allongement rapide de l’espérance de vie qui a spectaculairement chuté à la fin de l’Union soviétique, au début des années 1990.

Cette année, le soutien financier à la famille et à la natalité ont dominé son intervention. Le président l’a introduite par la présentation détaillée d’une politique résumée par la formule «Plus d’enfants-moins d’impôts» érigée en principe d’action pour l’Etat. Vladimir Poutine s’est dit convaincu et que la Russie parviendrait à l’accroissement naturel de la population et au renouvellement des générations d’ici 2024. Mais pour le moment la population russe continue de décroître.

Profiter de la hausse des rentrées fiscales

«Compte tenu de la résilience et de la stabilité de la situation macroéconomique de la Russie ainsi que de la croissance des recettes de l'Etat, j'estime qu'il est possible d'introduire une mesure supplémentaire d'aide aux familles lorsqu'un troisième enfant et les suivants sont nés, à savoir, directement à partir du budget fédéral, un remboursement de 450 000 roubles (6 000 euros) par famille sur son prêt hypothécaire», a déclaré le chef de l'Etat.

Poutine estime que cette partie du projet en faveur de la famille doit être lancée avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2019, ce qui impliquera de réactualiser les prévisions budgétaires pour l’année en cours.

Selon le dirigeant russe, si on ajoute cette mesure au capital maternel (dotation d’Etat à la naissance de chaque enfant) qui peut également être utilisé pour rembourser des prêts immobiliers, on aboutit à un montant d’allocations de 900 000 roubles (12 000 euros), ce qui «dans de nombreuses régions, […] représente une part importante du coût d'un appartement», selon Vladimir Poutine.

Le logement en Russie : une priorité pour la famille, mais une menace pour les banques

Le président russe a ajouté qu'il était nécessaire selon lui de donner aux familles la possibilité non seulement d'acheter des logements déjà construits, mais également de faire construire des logements individuels neufs sur les terrains dont ils se sont rendus propriétaire. Une situation beaucoup plus fréquente en Russie qu’en France et dans la plupart des pays d’Europe occidentale.

Vu de l’étranger, le lien entre les aides à la construction ou à l’accession à la propriété et une politique nataliste volontariste n’est pas immédiatement compréhensible mais cela tient à plusieurs particularités de la société et de l’économie russes, comme l’importance pour les familles de posséder un logement, la fragilité du secteur bancaire russe très exposé à des crédits immobiliers douteux et, en fin de compte, la nécessité de renflouer les banques privées et publiques pour leur permettre de mieux financer l’activité économique et la consommation intérieures.


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