Pétrole : au G20, Poutine et Ben Salmane ont reconduit leur accord de réduction de la production

Pétrole : au G20, Poutine et Ben Salmane ont reconduit leur accord de réduction de la production © Sputnik/Mikhail Klimentyev/Kremlin via REUTERS Source: Reuters
Poignée de main entre le Prince héritier d'Arabie saoudite Mohamed Ben Salmane (à gauche) et le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, le 1er décembre 2018 à Buenos Aires. A côté du président russe, le ministre des Affaires étrangères Segueï Lavrov.

Les dirigeants russe et saoudien ont profité du sommet du G20 en Argentine pour coordonner leur stratégie de production pétrolière. Elle devrait être entérinée à Vienne lors de la prochaine réunion de l'OPEP. Les cours sont déjà repartis à la hausse.

La poignée de main entre le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le prince héritier d’Arabie saoudite lors du G20 symbolisait la conclusion d’un accord commercial stratégique. En effet, en marge des réunions au sommet du G20 à Buenos Aires, en Argentine, les deux chefs d’Etat se sont entendus le 1er décembre pour reconduire l’accord de l’OPEP+ conclu en décembre 2016. 

Cet accord prévoyait alors une baisse de la production de pétrole de 1,8 million de barils par jour chez les signataires dans le but de faire remonter les cours du pétrole. Ils avaient brutalement chuté de près de 80 à moins de 30 dollars le baril de Brent (référence du pétrole en mer du Nord) au cours de l’année 2016.  
Certes, les deux pays ne peuvent décider seuls. En effet, cet accord, déjà reconduit une fois en novembre 2017 à Vienne, implique, dans son format actuel, 24 Etats parmi lesquels figurent les 19 membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), dont l’Arabie saoudite et l’Algérie, mais également cinq Etats non membres au premier rang desquels se trouve la Russie. Toutefois, compte tenu du poids des 2e et 3e producteurs mondiaux de pétrole, la conclusion d’un accord de gel ou de réduction de la production est désormais fortement probable.

Le budget russe peut s’accommoder d'un baril à 40 dollars

Reste à savoir à quel niveau sera placée la barre. Par exemple, le 16 novembre dernier, à l’issue du 33e sommet de l'Association des pays d'Asie du Sud Est (Asean) à Singapour, Vladimir Poutine avait déclaré : «La situation actuelle, avec un cours qui était récemment autour de 70 dollars, nous convient parfaitement», soulignant que le budget russe avait été bâti sur la base d'un baril à 40 dollars. Une information révélatrice de l’importante transformation de la structure de l’économie russe depuis la fin des années 2000. A cette époque, le budget de l’Etat russe dépendait encore d'un cours aux alentours de 100 dollars le baril.

Le suspense devrait être levé dès le 6 novembre, à l’issue de la prochaine réunion de l’OPEP au siège de l’organisation à Vienne, en Autriche. De leur côté, les marchés ont d'ores et déjà anticipé un gel probable d'un million de barils par jour. Dès le 3 décembre, le baril de Brent, référence de la mer du Nord, qui était repassé sous la barre des 60 dollars à la veille du sommet de Buenos Aires, repartait nettement à la hausse, à 62 dollars.

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