En pleine crise turco-américaine, Macron et Erdogan veulent renforcer leurs liens économiques

- Avec AFP

En pleine crise turco-américaine, Macron et Erdogan veulent renforcer leurs liens économiques Source: AFP
Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse conjointe, le 5 janvier 2018, à l’issue de leur rencontre au palais de l’Elysée à Paris (illustration).

Lors d’un entretien téléphonique, les dirigeants français et turc ont évoqué leurs liens économiques et prévu une rencontre entre leurs ministres de l’Economie. L’Allemagne et le Qatar ont également affiché leur solidarité envers la Turquie.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et français Emmanuel Macron ont estimé, au cours d'une conversation par téléphone ce 16 août, qu'il était important de renforcer leurs liens économiques, selon une source proche de la présidence turque citée par l’AFP.

«Les deux dirigeants ont souligné l'importance de renforcer davantage les relations économiques et commerciales, ainsi que les investissements réciproques entre la France et la Turquie», a déclaré cette source.

Lors de cette conversation, Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan ont également décidé que le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, s'entretiendrait «au plus vite» avec son homologue français, Bruno Le Maire.

Cet échange coïncide avec une forte dépréciation de la livre turque dans un contexte de tensions diplomatiques entre Ankara et Washington, ainsi que de sanctions réciproques.

Les relations entre les deux pays, alliés au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN), se sont détériorées ces dernières semaines en raison de la détention, puis de l'assignation à résidence, d'Andrew Brunson, un pasteur américain accusé par Ankara de mener des activités «terroristes».

Après l’annonce le 11 août dernier par Donald Trump du doublement des taxes sur les importations d’aluminium et d’acier turcs, Recep Tayyip Erdogan avait réagi en assurant que la Turquie trouverait «de nouveaux amis et de nouveaux alliés». Une phrase interprétée comme une menace quant à sa participation à l’OTAN.

La Turquie tente d'améliorer ses relations avec l'Europe

Cependant la Turquie semble tenter de renouer avec l'Europe avec laquelle les relations se sont aussi dégradées au cours des deux dernières années. Avant son entretien avec Emmanuel Macron, le président turc avait eu, le 15 août, un entretien similaire avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il doit rencontrer fin septembre à Berlin.

Dans la foulée de cet appel, Berat Albayrak s'est entretenu jeudi avec son homologue allemand des Finances, Olaf Scholz, selon un communiqué du ministère turc. 

Lors de leur entretien, les deux ministres ont convenu de se rencontrer le 21 septembre à Berlin et «de commencer à travailler en vue de renforcer la coopération économique», selon le communiqué publié par Ankara.

Le Qatar promet son aide financière à l'économie turque

Au-delà du Vieux Continent, la Turquie semble avoir trouvé d’autres partenaires économiques prêts la soutenir au moment où son économie est fragilisée par la chute de la valeur de sa devise nationale et la défiance des marchés de capitaux.  

Ainsi, l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al-Thani a promis le 15 août que son pays allait réaliser des investissement en Turquie à hauteur de 15 milliards de dollars, lors d'une rencontre avec le président Recep Tayyip Erdogan, selon un communiqué de la présidence turque.

Le Qatar s'est considérablement rapproché de la Turquie depuis juin 2017, début d'une crise diplomatique qui l'oppose à l'Arabie saoudite et à d'autres pays arabes.

La Turquie a pris le parti du Qatar en 2017, quand ce petit mais richissime émirat gazier a été soumis à un boycott de la part des Saoudiens et de ses alliés qui lui reprochent ses liens avec des groupes islamistes, dont la confrérie des Frères musulmans, et de ne pas prendre suffisamment ses distances avec l'Iran.

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