Douanes : confronté aux taxes de l'UE, Harley Davidson «agite le drapeau blanc» et délocalise

Douanes : confronté aux taxes de l'UE, Harley Davidson «agite le drapeau blanc» et délocalise© Sara Stathas Source: Reuters
Parade pour le 110e anniversaire de Harley Davidson à Milwaukee, août 2013, illustration

Confronté à des taxes douanières européennes ayant bondi de 6% à 31%, le constructeur de moto, qui célèbre l'esprit de liberté à l'américaine, va délocaliser une partie de sa production. Une décision qui ne saurait plaire à Donald Trump.

Pour échapper aux tarifs douaniers récemment instaurés par l'Union européenne, Harley Davidson va délocaliser une partie de son activité de fabrication de motos, selon un communiqué du 25 juin.

Le constructeur, porte-drapeau d'un certain esprit de liberté à l'américaine et dont le président directeur général avait rencontré Donald Trump à la Maison Blanche en février 2017, a déploré que les taxes douanières vers l'Europe aient bondi de 6% à 31% depuis le 22 juin.

En cause, une mesure de rétorsion de la part de Bruxelles à l'encontre de Washington dont l'administration Trump avait imposé une taxe sur l'importation d'acier et d'aluminium. La réplique de l'UE a un coût très clair pour le constructeur : 2 200 dollars (1 878 euros) de plus par véhicule pour l'acheteur.

Harley Davidson, qui ne veut pas voir son juteux marché européen plonger, a donc fait le choix de la préservation, plutôt que celui du patriotisme et a choisi de déplacer une partie de sa production hors du territoire américain, sans préciser cependant où se ferait la délocalisation. L'entreprise a des usines au Brésil, en Inde, en Australie et une en cours de construction en Thaïlande.

La décision du constructeur a été vivement critiquée par Donald Trump sur Twitter. Le président américain s'est notamment dit «surpris [...] que de toutes les entreprises américaines [Harley Davidson soit] la première à agiter le drapeau blanc.» 

Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a annoncé ce 31 mai que les Etats-Unis allaient appliquer le lendemain d'importants tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium importés d'Union européenne, du Mexique et du Canada. Appelant Washington à la «sagesse», le ministre français de l'Economie et des Finances avait assuré le 31 mai que l'Union européenne disposait de mesures pour répondre aux taxes américaines sur l'acier et l’aluminium.

L'Union européenne a en effet répliqué ce 22 juin par une contre-offensive dans ce conflit commercial en infligeant des droits de douane additionnels sur plusieurs dizaines de produits américains, dont les motos, les jeans ou le bourbon.

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