La Société générale annonce un plan de rigueur en France et un développement à l’international

La Société générale annonce un plan de rigueur en France et un développement à l’international © ERIC PIERMONT / AFP
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Confrontée à la baisse des taux et de la rentabilité en zone euro, la Société générale pourrait supprimer encore 900 emplois en France d’ici 2020. Elle présente un «plan stratégique» et mise sur le développement international.

En conséquence du fort impact sur son activité des taux de crédit très bas voire négatifs, en Europe, le groupe bancaire Société générale doit annoncer ce 28 novembre le lancement d’un plan stratégique courant jusqu’à l’année 2020. Ce dernier vise une augmentation moyenne de ses revenus supérieure à 3%, soit 3,6 milliards d’euros de revenus supplémentaires d’ici 2020.

Cette croissance est attendue d’une augmentation de 200 millions d’euros des revenus du réseau de banque de détail en France, du quasi doublement du nombre de clients (de 1, 2 à 2 millions) de sa banque en ligne Boursorama, d’une augmentation de 6% des produits de bancassurance, notamment les assurances vie, et de 400 millions de revenus supplémentaires en conseil auprès des entreprises.

Une croissance de 11% attendue en Russie


A l’international, la Société générale mise sur l’Afrique, marché jugé à fort potentiel où le groupe prévoit une croissance de revenus annuelle moyenne de 8%. C’est en Russie qu’elle prévoit la plus forte hausse (+11%) grâce à l’amélioration de l’environnement économique, après avoir toutefois fortement réduit le réseau de sa filiale Rosbank qui a fusionné en 2011 avec Banque société générale Vostok (BSGV). Sur le marché russe la Société générale vise la première place des banques à participation étrangère.


Parallèlement, Frédéric Oudéa, le directeur général, doit aussi annoncer 1,1 milliard d’euros d’économies d’ici 2020 qui passeront par la poursuite de la «rationalisation du réseau d’agences». Celui-ci devrait se réduire de 2 000 agences en 2017 à 1 700 en 2020. Le groupe prévoit par ailleurs de fermer ou céder des activités non rentables ou non stratégiques représentant 5% de l’ensemble de ses actifs. Enfin, la banque prévoit 900 nouvelles suppressions d’emplois s’ajoutant aux 2 550 annoncées au début de l’année 2016.

900 nouvelles suppressions d'emplois et 300 fermetures d'agence

Dans un communiqué daté du 27 novembre, Frédéric Oudéa a commenté ce plan en déclarant : «En misant sur la cohérence et l’ouverture de nos différentes activités, notre ambition s’articule autour de cinq priorités stratégiques et opérationnelles : croître, accélérer la transformation, en particulier digitale, de nos métiers, maintenir une stricte discipline de nos coûts, achever le recentrage du groupe, et ancrer à tous les niveaux de l’entreprise une culture de responsabilité. »

Il a aussi promis une «politique de dividende attractive» à 2,20 euros minimum par action. Malgré des turbulences et une phase légèrement dépressionnaire en novembre, le cours de l’action Société générale, une des valeurs du CAC 40, reste assez stable aux environs de 45 euros en moyenne en 2017, pour une capitalisation boursière de près de 35 milliards d’euros. 

La quatrième banque de la zone euro

La société générale emploie environ 145 000 personnes dans le monde. Ses activités bancaires sont largement concentrées en France et dans le reste de l’Europe où elle réalise respectivement 47,7% et 34,5% de son produit net bancaire. Viennent ensuite les Amériques (7%), l’Asie et Océanie (5,9%) et Afrique (4,9%).


En ce qui concerne ses activités, la banque de détail en France pèse 33,2% avec les enseignes Société générale, Crédit du Nord et la banque en ligne Boursorama. La banque de détail pèse 19,8% dans le reste du monde et la banque de financement et d'investissement (32,8% n° 3 européen). A la fin 2016, et selon le site d’information boursière Boursorama, propriété de la Société Générale, le groupe gérait 421 milliards d’euros d'encours de dépôts et 426,5 milliards d'encours de crédits. La Société générale par son volume d'actifs est la sixième banque européenne et la quatrième de la zone euro après BNP Paribas, le Crédit agricole et la Deustche Banke.

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