Poutine : «S’il y avait des problèmes en Grèce, où était la Commission européenne ?»

Le président russe Vladimir Poutine Source: RIA NOVOSTI
Le président russe Vladimir Poutine

C'est ce qu'a affirmé le président russe vendredi à propos de la Grèce en répondant aux questions des journalistes à l'issue du sommet l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Oufa, en Russie.

Interrogé sur la question d’une possible aide russe à la Grèce, Vladimir Poutine a répondu une nouvelle fois que le Kremlin n’a pas reçu de demande officielle de la part d’Athènes. «Mais la Russie a toujours les moyens d’aider ses amis et partenaires, s’ils le demandent», a souligné le président russe.

Il a cependant déclaré que le problème grec exigeait des décisions radicales de la part des autorités.

«La question grecque réside dans les principes mêmes de la coopération entre Athènes et ses partenaires au développement de son économie», a estimé l’homme fort du Kremlin, en ajoutant que la Commission européenne, qui «a laissé faire les précédents gouvernements de la Grèce» était en partie responsable de la situation actuelle.

«Pourquoi la Commission a-t-elle accordé des prêts à la Grèce en laissant, par exemple, les autorités conserver des avantages fiscaux pour certains secteurs de l’économie ?», s’est en particulier demandé le dirigeant russe.

«Personne n’a forcé personne dans le groupe de BRICS, c’est un processus naturel»

La veille, à Oufa également, se terminait le sommet d’une autre organisation internationale, celles du groupe des BRICS, qui est constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. L’occasion pour les journalistes d’interroger l’homme fort de la Russie sur les défis du monde moderne qui ont abouti à la création d’un tel groupe.

Le regroupement des BRICS est un processus naturel, a estimé Vladimir Poutine. «Tous les pays qui font partie du groupe des BRICS ressentent un besoin de coopération et de démocratiser les processus économiques dans le monde», a expliqué le président russe.

Il a hautement apprécié les instruments de coopération qui ont vu le jour au terme de ce sommet d’Oufa. «Je suis sûr que nous [les pays des BRICS] allons surmonter toutes les difficultés économiques», a encore affirmé Vladimir Poutine, en notant que la situation économique difficile que connaissaient ces pays s’inscrivaient dans une tendance globale.

Le dirigeant russe s’est néanmoins montré convaincu qu’«ensemble, les BRICS pourront construire un monde plus équilibré, plus sûr et plus prospère».

«Les collègues de Kiev n’ont pas le désir de négocier avec les milices»

La crise ukrainienne, qui fait toujours la une des médias internationaux, a également été abordée lors du point de presse du président de la Russie à Oufa, qui a qualifié d’«étrange» le refus des autorités de Kiev de négocier directement avec les représentants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

«S’ils [les autorités ukrainiennes] ne veulent pas coopérer directement, pourquoi ont-ils insisté pour qu’ils [les représentants de Donetsk et de Lougansk] viennent signer les documents [à Minsk] ?», s’est demandé Vladimir Poutine.

Le dirigeant a cependant estimé que malgré tous les obstacles qui freinent la mise en œuvre du processus de paix, les accords de paix conclus à Minsk en février 2015 «ont plus de chance de réussir que d’échouer».

«Il n’y a pas d’autre solution au problème ukrainien qu’une solution pacifique et le respect complet et inconditionnel des accords de Minsk», a conclu le président russe en réitérant son appel aux deux parties en conflit à soutenir leur efforts pour faire revenir le calme dans l’est de l’Ukraine.

Du yoga pour le président

En fin de conférence, Vladimir Poutine s’est vu poser une question, plus personnelle, à propos de son initiation au yoga.

«Le yoga suppose un développement physique qui aboutit à un développement spirituel. On pourrait dire que j’ai commencé par le spirituel», a ironisé le président, en notant que même dans ce domaine il lui restait «beaucoup de travail à faire».

Le 8 juillet, en rencontrant le Premier ministre indien Narendra Modi à la veille du sommet des BRICS à Oufa, le président russe lui avait promis de essayer de se mettre au yoga.

«Le yoga est quelque chose ce que n’ai jamais pratiqué, mais cela ne peut pas ne me paraître intéressant», a confié Vladimir Poutine à Narenda Modi, qui, de son côté, a rappelé que cette année, le Jour international du yoga venait d’être célébré pour la première fois en Russie.

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