Sombres perspectives socio-économiques pour une Algérie victime d'immobilisme politique

 Un sans domicile fixe dort sur un banc près du port d'Alger
© Ramzi Boudina Source: Reuters
Un sans domicile fixe dort sur un banc près du port d'Alger

L'économie algérienne ne semble pas prête de se reprendre, surtout si le pays n'engage pas les réformes nécessaires au redressement du pays. La Banque mondiale estime en effet que les finances publiques seraient sur le point de s'assécher.

Alors que la production de pétrole des pays de l'OPEP, ainsi que celles des autres pays qui n'en sont pas membres reste élevée, les perspectives de l'agence internationale de l'énergie tablent sur une baisse de la demande de brut pour 2017, ce qui devrait conforter la faiblesse des prix du pétrole. Or, la vente d'or noir constitue une part importante de l'économie algérienne, qui souffre déjà de l'effondrement des cours constatés depuis 2015.

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Sur le plan social, la gendarmerie nationale tire la sonnette d’alarme. Elle estime en effet que l'état des infrastructures d'accès à l'eau potable, à l'électricité ou encore au gaz sont dans une «situation préoccupante». Il ne devrait pas être possible de remédier à ce délabrement, «foyer de tensions» au sein de la population, au vu des difficultés budgétaires auxquelles l'Etat algérien est confronté. Il est en effet dans l'incapacité de réaliser les investissements nécessaires pour satisfaire les revendications de la population, ou pour le moins apaiser son irritation.

Le Fonds monétaire international (FMI), ainsi que la Banque mondiale (BM) ont appelé le pays à «doper les perspectives de croissance» en engageant des réformes, notamment fiscales, pour relancer l'économie. Le temps presse pour le pays, dont les réserves de change fondent comme neige au soleil. S'élevant à 194 milliards de dollars en 2013, la Banque mondiale estime qu'elles n'atteindront plus que 108 milliards de dollars à la fin de l'année, avant de se replier à 60 milliards en 2018 dans le cas où des réformes efficaces ne seraient pas mises en œuvre.

L'augmentation des prix de l'énergie (carburants, gaz, électricité) et le lancement d'un emprunt obligataire découlant de la dernière loi de finance ne semblent pas suffire à enrayer l'assèchement des finances publiques, notamment victimes de l'économie informelle. 

Certains experts reprochent au gouvernement son manque d’ambition politique. Ils estiment en effet qu’il redoute les conséquences sociales de la mise en place de mesures qui se révéleront impopulaires même si elles permettraient de redresser l’économie à moyen terme.



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