La plus riche des régions italiennes adopte une résolution contre les sanctions antirusses

Source: Reuters

Le conseil régional de Lombardie, la plus riche et la plus peuplée des régions italiennes, a adopté le 5 juillet une résolution appelant Bruxelles à lever les sanctions contre la Russie et reconnaître le droit à l’autodétermination de la Crimée.

43 conseillers sur 80 ont voté «pour» la résolution préparée par le parti de la Ligue du Nord, condamnant les sanctions prises contre Moscou ainsi que la non-reconnaissance du statut de la Crimée. 15 conseillers ont voté contre et deux se sont abstenus.

La résolution, juridiquement non contraignante, autorise le président du conseil régional de Lombardie et le chef de la région à coopérer avec le gouvernement et le parlement italien, ainsi qu'avec les institutions de l'UE afin de  reconsidérer leurs relations avec la Russie. 

Le document appelle aussi à la création d’un comité pour recueillir des signatures afin d’obtenir la levée de ces sanctions qui ont déjà coûté à l’Italie 3,5 milliards d’euros, Moscou ayant imposé en retour un embargo sur les denrées alimentaires.

La Lombardie appelle aussi les gouvernements des pays membres de l’UE à changer leur politique envers la Crimée, qui a voté par référendum son rattachement à la Fédération de Russie en mars 2014.

L’UE est «absolument aveugle»

«La Lombardie est la principale région productrice d’Italie. Elle représente environ 10 millions d’Italiens», a déclaré à RT le membre de la Ligue du Nord, Stefano Valdegamberi, en évoquant l’importance de l’adoption de la résolution. Il a aussi précisé que la région était désormais la troisième en Italie a avoir condamné les sanctions contre la Russie. La Vénétie et la Ligurie ont adopté des résolutions similaires en mai et juin. 

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Le sénateur italien et membre de la Ligue du Nord, Paolo Tosato, a précisé pour sa part que les sanctions ne témoignaient que de «la myopie» de la politique européenne envers la Russie.

«C’est une vision ancienne, issue du temps des blocs Est/Ouest, c’est une folie absolue. Le dialogue avec la Russie, la restauration des relations commerciales sont dans nos intérêts, dans les intérêts de l’UE», a-t-il fait savoir, soulignant que l’adoption des résolutions montrait «l’aveuglement absolu» et la «surdité» du gouvernement face à l’opinion publique. 

Les partisans de la résolution ont souligné, après son adoption, non seulement son caractère économique mais aussi son aspect politique.

«Les gens, en Crimée, ont participé à un référendum, comme les habitants du Kosovo. Nous reconnaissons leur volonté d’être membres de la Fédération de Russie», a conclu le député national et le secrétaire de la section du parti de la Ligue du Nord en Lombardie, Paolo Grimoldi.

Appel à lever les sanctions en Toscane

Le Conseil de la région de Toscane a voté à l’unanimité en faveur d’une résolution pour laquelle le gouvernement local a appelé à «passer outre» le régime des sanctions contre la Russie. Le document préparé par la Ligue du Nord a été approuvé par 33 conseillers locaux présents à la réunion, y compris les représentants du Parti démocrate, en majorité dans cet organe législatif.

Cependant, cette résolution est bien différente de celles adoptées précédemment dans trois régions italiennes : en Vénétie, Ligurie et Lombardie. Le document n’évoque pas par exemple le sujet de la Crimée.

Quant aux sanctions, il note que la Giunta (le gouvernement régional) doit «se mettre au travail avec le gouvernement et le parlement italien» pour que «toute initiative utile, visant à aller au-delà des sanctions» soit prise. De façon plus générale, le document appelle le gouvernement Italien à «maintenir son engagement de dialogue dirigé vers la construction de ponts et non de murs».

Comme l’a fait savoir le chef du groupe des conseillers de la Ligue du Nord Manuel Vescovi, le but de la résolution vise à pousser le gouvernement du pays à atteindre l’annulation des sanctions, qui provoquent des pertes pour de nombreuses sociétés italiennes. «Je trouve inimaginable le fait que les entreprises italiennes ne peuvent pas travailler avec des entreprises russes. Cette résolution est une mesure pour que nos entreprises puissent faire leur retour en Russie.»

En 2014, les relations entre la Russie et l'Union européenne se sont drastiquement détériorées au moment du déclenchement de la crise en Ukraine. Après l’unification de la Crimée à la Russie, Washington, Bruxelles et leurs alliés ont pris plusieurs séries de sanctions contre la Russie.

Le 1er juillet, l’UE a annoncé une énième prolongation de six mois des sanctions économiques contre la Russie, qui arrivaient à échéance fin juillet 2016. 

Lire aussi : Prolongation des sanctions économiques contre la Russie : une décision «absurde» pour Moscou

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