La Hongrie oppose son veto à une aide de 18 milliards d’euros à l’Ukraine

La Hongrie oppose son veto à une aide de 18 milliards d’euros à l’Ukraine© ATTILA KISBENEDEK Source: AFP
Tibor Navracsics, ministre hongrois du Développement régional, lors d'une conférence de presse au bâtiment du ministère le 18 septembre 2022 à Budapest (illustration).
Suivez RT France surTelegram

La Hongrie s’oppose à un projet d’emprunt commun de 18 milliards d’euros destinés à l’Ukraine, dont les intérêts seraient payés par les Vingt-Sept. De son côté, la Commission bloque 7,5 milliards d’euros de fonds destinés à Budapest.

L’agence de presse Reuters a rapporté le 6 décembre que la Hongrie a opposé son veto à un prêt de 18 milliards d’euros à l’Ukraine, financé par un emprunt commun de l’Union européenne (UE). Le ministre hongrois de l’Economie et des Finance Mihaly Varga, cité par la même agence, l’a confirmé lors d'une réunion des ministres de l'Economie et des Finances de l'UE à Bruxelles, le 6 décembre, ajoutant que Budapest fournirait une aide bilatérale à Kiev.

«Nous ne nous découragerons pas. Notre ambition reste de commencer le décaissement de notre aide à l'Ukraine en janvier», a pour sa part déclaré le ministre des Finances de la République tchèque, Zbynek Stanjura. «Cela signifie que nous chercherons une solution soutenue par 26 Etats membres [sans la Hongrie]», a-t-il ajouté. Mais le versement d’une aide de 18 milliards d’euros à l’Ukraine, par le moyen d’un emprunt sur les marchés financiers dont les Etats membres payeraient les intérêts, et dont Kiev ne rembourserait que le capital à partir de 2033 au plus tôt, requiert l’unanimité des 27.

Ausrinė Armonaitė, la collègue lituanienne de Mihaly Varga, a déclaré à Reuters, avant les pourparlers, qu'elle jugeait «immoral» que la Hongrie bloque l'aide de l'UE à l'Ukraine et a accusé Budapest d’utiliser son droit de veto comme monnaie d’échange pour la levée du blocage de fonds européens destinés à Budapest. 

L’UE bloque actuellement 7,5 milliards d'euros de fonds européens destinés à la Hongrie au motif que sa législation autoriserait la corruption. Les ministres des Finances de l’UE étaient censés voter la semaine dernière une recommandation de la Commission européenne visant à geler jusqu'à la fin de 2027 65% des fonds dits «de cohésion» attribués à la Hongrie.

Un manque à gagner équivalent à 9% du PIB de la Hongrie

Les ministres ont également retardé toute décision sur le plan de dépenses de Budapest pour 5,8 milliards d'euros supplémentaires. Cette somme qui devait être débloquée pour la Hongrie à partir du fonds de relance économique du bloc, s'inscrit dans un plan mis en place pour aider les économies à se remettre de la pandémie de Covid. Ensemble, les fonds gelés destinés à la Hongrie représentent près de 9 % du PIB estimé de la Hongrie en 2022. A titre de comparaison, une telle proportion représenterait pour l’économie française un manque à gagner de plus de 200 milliards d’Euros.

De son côté, la Hongrie semble considérer qu’elle est victime, par le biais de ce blocage, de pressions pour forcer sa décision sur le dossier ukrainien. Ainsi, son porte-parole Zoltan Kovacs, selon qui Budapest remplit les conditions pour accéder aux fonds de l’UE, a déclaré : «La Hongrie considère comme un dangereux précédent le fait que le paiement des fonds de l'UE à la Hongrie soit lié à d'autres questions sans aucun rapport.»

«Nous refusons que les fonds européens soient subordonnés à un changement de position», a-t-il déclaré. La Hongrie est actuellement le seul pays de l'UE dont le plan de dépenses n'a pas encore été approuvé – une condition préalable à la réception des fonds. Pour justifier cette mesure, la Commission européenne invoque des atteintes à l'indépendance judiciaire. Selon la législation européenne, si le plan n'est pas approuvé d'ici la fin de l'année, 70 % des fonds seront irrévocablement perdus pour la Hongrie.

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix