Mali : Assimi Goïta réaffirme pour 2026 une diplomatie de souveraineté, de partenariats sans tutelle et d’ancrage sahélien
Source: APÀ l’occasion de la cérémonie des vœux au corps diplomatique, le chef de l’État Assimi Goïta a réaffirmé la doctrine internationale du Mali. Face à un environnement marqué par les tensions et les recompositions géopolitiques, il a défendu une diplomatie fondée sur la souveraineté, la dignité et des partenariats sans tutelle ni pression extérieure.
La cérémonie de présentation des vœux au corps diplomatique a permis aux autorités maliennes de préciser le cap pour 2026. Dans un environnement international marqué par des tensions persistantes et un multilatéralisme fragilisé, Bamako prône une diplomatie fondée sur la souveraineté et la constance.
« Notre pays a choisi la dignité, le respect, la liberté de ses choix stratégiques et l’indépendance », a déclaré le chef de l’État, Assimi Goïta, dès l’ouverture de son allocution. Une orientation qui, selon lui, ne relève pas d’un repli, mais d’une redéfinition souveraine des relations extérieures. « Le Mali est l’ami de tous ceux qui le souhaitent, dans le respect de ses principes », a-t-il ajouté.
Les partenariats restent ouverts, mais sur des bases clairement définies. Le président a insisté sur des coopérations « sincères, sans tutelle, sans injonction ni instrumentalisation », saluant au passage la diversification des alliances et le renforcement du dialogue politique autour du Mali et de l’espace sahélien.
Sécurité et affirmation sahélienne
La sécurité demeure prioritaire. Assimi Goïta a mis en avant les « progrès enregistrés » par les Forces de défense et de sécurité dans un contexte de « guerre asymétrique exigeante ». L’objectif est le retour effectif de l’État sur l’ensemble du territoire.
Cela passe par le rétablissement des services essentiels — éducation, santé, justice — et par la libre circulation des personnes et des biens, considérée comme un indicateur concret de stabilisation.
La Confédération de l’Alliance des États du Sahel est présentée comme une réponse « endogène et coordonnée » aux défis sécuritaires et de développement. Elle incarne une volonté régionale d’apporter des solutions adaptées aux réalités du Sahel.
Le chef de l’État a également dénoncé des campagnes de désinformation visant les pays sahéliens : « Nous ne céderons ni à la peur, ni à la confusion. Nous opposerons aux récits fabriqués la vérité des faits, et aux tentatives de division l’unité de la Nation. »
Refondation et autonomie stratégique
Sur le plan interne, la Transition poursuit la refondation de l’État : justice renforcée, lutte contre la corruption et modernisation de l’administration. Les années 2026 et 2027 ont été décrétées « Années de l’Éducation et de la Culture », afin de valoriser le capital humain et le patrimoine national.
Sur le plan économique, le Mali privilégie des solutions endogènes, le renforcement de la souveraineté énergétique et des investissements créateurs d’emplois avec transfert de compétences. L’objectif est clair : consolider l’autonomie nationale tout en développant des coopérations fondées sur le respect mutuel.
Enfin, le président a réaffirmé l’attachement du Mali aux principes de la Charte des Nations unies — respect de l’intégrité territoriale, non-ingérence et règlement pacifique des différends. La coopération reste ouverte, mais dans le respect strict de la souveraineté malienne, dans un monde marqué par l’émergence d’un ordre plus multipolaire.