Grâce présidentielle en RDC : trois Américains condamnés à mort échappent à l'exécution

Félix Tshisekedi a commué la peine de mort de trois ressortissants américains impliqués dans la tentative de coup d’État de mai 2024 à Kinshasa. Marcel Malanga, fils du chef présumé, ainsi que ses deux complices, purgeront désormais une peine de prison à perpétuité.
La République démocratique du Congo a annoncé mardi 1er avril 2025 la commutation de la peine de mort en prison à perpétuité pour trois citoyens américains impliqués dans une tentative de coup d’État survenue en mai 2024 à Kinshasa. La décision émane d’une ordonnance présidentielle signée le 28 mars par le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi et lue à la télévision nationale par sa porte-parole Tina Salama.
Les trois concernés sont Marcel Malanga Malu, né aux États-Unis, Taylor Christa Thomson et Zalman Polun Benjamin. Tous trois avaient été condamnés à mort à l’issue d’un procès tenu à la prison militaire de Ndolo, puis confirmé par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe le 27 janvier 2025. Selon Média Congo, la grâce leur a été accordée à la suite d’une requête du ministère public pour éviter l’exécution des peines capitales.
Un coup d’État avorté en pleine capitale
L’affaire remonte à la nuit du 18 au 19 mai 2024, lorsque les Américains, accompagnés d’une quarantaine de Congolais, ont attaqué la résidence de Vital Kamerhe, alors vice-Premier ministre. Deux policiers y avaient trouvé la mort. Le groupe s’est ensuite dirigé vers le Palais de la Nation, siège de la présidence, où ils ont tenté de hisser l’ancien drapeau du Zaïre, déclarant la fin du gouvernement de Félix Tshisekedi. L’opération a été rapidement stoppée par la Garde Républicaine. Le chef présumé de cette tentative de putsch, Christian Malanga – père de Marcel – a été tué lors de l’intervention.
Les trois Américains ont été reconnus coupables de plusieurs chefs d’accusation : terrorisme, détention illégale d’armes et de munitions, tentative d’assassinat, association de malfaiteurs, meurtre et financement de terrorisme. Ils sont désormais détenus à la prison militaire de Kinshasa.
Un traitement différent pour d’autres impliqués
À noter que les Congolais condamnés dans la même affaire n’ont pas bénéficié de cette mesure de grâce. Selon Éric Mangu, l’un des avocats des trois Américains interrogé par l’agence Anadolu, cette commutation pourrait représenter «un début» vers une issue plus favorable, dans l’attente d’une grâce présidentielle complète qui permettrait leur libération. Toutefois, aucune indication officielle n’a été donnée par la présidence sur cette éventualité.
Enfin, en février dernier, un expert militaire belgo-congolais, Jean-Jacques Wondo, accusé d’avoir apporté un soutien logistique au groupe de Malanga, avait quant à lui été libéré, selon Actualité Congo.
Ce geste de clémence en faveur de ressortissants américains intervient dans un contexte politique particulier, alors que la RDC est engagée sur un autre front : à l’est du pays, dans la province du Nord-Kivu, une crise sécuritaire majeure l’oppose aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda voisin selon Kinshasa.