Affaire de Leipzig : l'OTAN voit «de nombreux signes d’une piste ukrainienne», selon le renseignement russe
Source: Gettyimages.ruBerlin maintient ses accusations contre Moscou après l'incident de drone à Leipzig, alors que le renseignement extérieur russe affirme que les évaluations de plusieurs pays de l'OTAN ne présentent aucune preuve contre la Russie et font au contraire apparaître des indices orientant vers une possible implication ukrainienne.
Le Service russe de renseignement extérieur, le SVR, a affirmé le 15 septembre que les services de plusieurs pays de l’OTAN n’avaient trouvé « aucune preuve » d’une implication de la Russie dans l’incident de drone survenu à l’aéroport de Leipzig/Halle. Leur examen aurait, au contraire, fait apparaître « de nombreux signes d’une piste ukrainienne ».
L’incident remonte au début du mois d’août, lorsqu’un drone chargé d’explosifs avait été découvert dans la zone de l’aéroport allemand. Berlin a ensuite mis en cause Moscou et pris plusieurs mesures visant les représentations et institutions russes. Le 1er septembre, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a notamment annoncé la fermeture du consulat général de Russie à Bonn ainsi que de la Maison russe de Berlin.
Moscou a rejeté ces accusations et dénoncé une nouvelle étape dans la dégradation des relations avec l'Allemagne. La Russie a également répliqué en retirant son accord au fonctionnement du consulat général d'Allemagne à Saint-Pétersbourg et en prenant des dispositions similaires concernant les centres culturels allemands.
Des évaluations différentes de la ligne publique de Berlin
Dans son communiqué du 15 septembre, le renseignement extérieur russe affirme que les services de plusieurs États membres de l’OTAN auraient transmis à leurs gouvernements une évaluation sensiblement différente de celle défendue publiquement par les autorités allemandes.
Selon le service russe, ces structures auraient signalé l’absence d’éléments établissant une responsabilité de Moscou tout en relevant plusieurs indices orientant vers une possible implication ukrainienne. Elles auraient également recommandé aux autorités concernées d’éviter toute accusation catégorique, notamment publique, contre la Russie.
Le renseignement russe fait ainsi état d’un décalage entre la solidarité affichée avec Berlin et les évaluations internes de plusieurs services occidentaux. Derrière le soutien public à l’Allemagne, certains partenaires se montreraient, selon lui, nettement plus prudents lorsqu’il s’agit d’attribuer formellement l’incident à Moscou.
Berlin campe sur ses positions
Malgré ces réserves rapportées par le renseignement russe, les autorités allemandes ont maintenu leur ligne contre la Russie. Le service estime que cette position s’inscrit notamment dans la volonté de justifier la hausse des dépenses militaires prévue dans le budget allemand pour 2027.
Le renseignement extérieur russe replace également l’affaire dans le contexte politique intérieur allemand. Selon lui, les résultats du scrutin du 6 septembre en Saxe-Anhalt ont montré les limites du discours antirusse du gouvernement. Les élections prévues le 20 septembre en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin devraient constituer un nouveau test politique pour le chancelier Friedrich Merz.
Moscou rejette toute responsabilité dans l’incident. La partie russe souligne que les accusations formulées par Berlin n’ont été accompagnées d’aucune preuve publique établissant son implication.