Le prix de l'essence à un niveau historique, la France face au risque de pénurie ?
© Luc Auffret/Anadolu Source: Gettyimages.ruAvec le litre de SP95-E10 à 2,11 euros en moyenne, un record depuis 1985, et 13% des stations en difficulté, la flambée liée aux tensions au Proche-Orient inquiète. Les ruptures restent localisées, surtout chez TotalEnergies.
Les automobilistes français font face à des prix jamais vus à la pompe tandis que des stations manquent de carburant. Le sans-plomb 95-E10 a atteint 2,11 euros le litre en moyenne, un sommet absolu depuis que l’État compile ces données, et le gazole s’approche des 2,29 euros.
Ces hausses, tirées par un baril de Brent à 108 dollars après la prise du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis, s’accompagnent de tensions d’approvisionnement dans un contexte social français explosif.
Des ruptures localisées, pas une pénurie généralisée
Selon le gouvernement, 13 % des stations-service sont aujourd’hui « en difficulté », contre 8 % deux jours plus tôt. Aucune région n’est épargnée, mais l’Île-de-France et les Pays de la Loire (17 %) ainsi que le Grand Est (16 %) sont les plus touchés. « 90,8 % des stations en rupture appartiennent au réseau TotalEnergies », précise l’exécutif.
Le groupe a plafonné ses prix à 1,99 euro pour l’essence et 2,25 euros pour le diesel, provoquant un afflux de clients. Francis Pousse, de Mobilians, organisation des professionnels de l’automobile, le confirme : « Il n’y a absolument pas de pénurie générale ».
Les tensions sont locales et logistiques. Les stations concurrentes, qui avaient réduit leurs stocks faute de demande, peinent à suivre.
Sur le plateau de RTL, François Hollande, à moitié parti en campagne présidentielle, s’alarme d’un risque de retour des Gilets Jaunes : « c'est toujours un risque quand les Français vivent une situation aussi délicate depuis des mois avec un prix de l'essence qui continue à monter ».
Vers un retour des gilets jaunes le 17 octobre ? "C'est toujours un risque quand les Français vivent une situation aussi délicate depuis des mois avec un prix de l'essence qui continue à monter"@fhollande face à @FogielMarcO dans #RTLMatinpic.twitter.com/NsKerGM3HL
— RTL France (@RTLFrance) September 15, 2026
La consommation nationale a baissé d’environ 5,5 % sur l’année, note Philippe Casbas (Ufip). Les experts jugent un litre à 3 euros encore irréaliste à court terme, même si le conflit se prolonge. Les flux ralentissent aussi le week-end, les poids lourds ne circulant pas le dimanche.
Du côté de La France insoumise, la vice-présidente de l’Assemblée nationale affirme qu’en cas de victoire Jean-Luc Mélenchon, les prix seront plafonnés.
Bientôt, le carburant coûtera 3€ le litre.
— Clémence Guetté (@Clemence_Guette) September 15, 2026
Ni Le Pen ni les macronistes n'ont de solution pour l'empêcher.
Nous bloquerons les prix. Il y a urgence.
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Le plafonnement des prix de l’essence a déjà eu cours dans plusieurs Etats membre de l’Union européenne comme la Hongrie ou la Croatie mais l’exécutif français y est défavorable dans la mesure où une telle mesure pourrait accroître les tensions budgétaires et aggraver les risques de pénuries.