Poutine dénonce la glorification du nazisme en Ukraine et rappelle que la lutte contre la russophobie fait partie des raisons de l’opération militaire spéciale
© Présidence de la Fédération de RussieVladimir Poutine a réaffirmé la ligne de Moscou sur le conflit en Ukraine, en mettant l’accent sur la lutte contre le néonazisme, la russophobie et l’effacement de la culture russe. Il a souligné que ces préoccupations étaient partagées au-delà de la Russie, en citant l’attention que la Pologne porte à la glorification du nazisme en Ukraine.
Lors d’un entretien accordé au journaliste Pavel Zaroubine, Vladimir Poutine est revenu sur l’une des raisons de l’opération militaire spéciale en Ukraine. Il a expliqué que la lutte contre le néonazisme, la russophobie et les tentatives d’effacer la langue, la culture et l’histoire russes constituait « l’une des raisons de l’opération militaire spéciale ».
« Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas accepter cela », a déclaré le président russe. Il a accusé les autorités ukrainiennes d’avoir placé le néonazisme au cœur de leur idéologie d’État et dénoncé la glorification de figures qu’il tient pour responsables de la mort de centaines de milliers de Russes, de Polonais et de Juifs.
Le chef de l’État a également souligné que cette question ne suscitait pas uniquement des préoccupations en Russie. Il a notamment cité la Pologne qui, malgré sa ligne politique fortement critique à l’égard de Moscou, porte elle aussi attention à la glorification du nazisme en Ukraine.
Nord Stream : Poutine répond à Donald Tusk
Dans ce contexte, Vladimir Poutine s’est également exprimé sur la position du Premier ministre polonais Donald Tusk concernant le sabotage des gazoducs Nord Stream. Ce dernier a appelé l’Allemagne à renoncer aux poursuites contre les personnes soupçonnées d’avoir participé aux explosions de septembre 2022.
Interrogé sur cette position, Vladimir Poutine a estimé que l’appel de Donald Tusk à abandonner les poursuites dans l’affaire Nord Stream s’expliquait avant tout par des considérations économiques. « Les raisons sont très simples : des considérations économiques », a-t-il déclaré. Le président russe a rappelé qu'il connaissait Donald Tusk depuis la période de préparation et de construction de Nord Stream 2, lorsque celui-ci dirigeait déjà le gouvernement polonais.
L’enquête allemande a récemment connu une nouvelle évolution avec l’arrestation, le 19 août en Croatie, d’un ressortissant ukrainien soupçonné d’être lié aux explosions. Le parquet général russe a de son côté ouvert une enquête pour acte de terrorisme international. Moscou souligne par ailleurs ne pas avoir reçu les informations demandées sur les investigations, malgré ses démarches répétées.
Le marché du carburant sous contrôle des autorités
Sur le plan intérieur, Vladimir Poutine a demandé au gouvernement de maintenir sous contrôle la situation sur le marché russe du carburant, alors que certaines difficultés restent à régler. « Toutes les questions ne sont pas encore résolues, mais elles sont en train de l’être », a-t-il déclaré.
Le président russe a précisé avoir récemment discuté du dossier avec le Premier ministre Mikhaïl Michoustine, qui en assure directement le suivi. Une commission spéciale a également été mise en place. Vladimir Poutine a reconnu l’existence de « certains désagréments pour la population », tout en soulignant que les autorités continuaient à agir pour stabiliser la situation.
Face aux perturbations observées durant l’été, le gouvernement a notamment interdit certaines exportations, adopté des dispositifs fiscaux pour soutenir les importations et la production nationale et renforcé l’approvisionnement des stations-services indépendantes. Le vice-Premier ministre Alexandre Novak a également indiqué que les importations pourraient être adaptées en fonction des besoins du marché.
Vladimir Poutine a ainsi insisté sur la nécessité de maintenir la situation sous contrôle jusqu’au règlement des difficultés encore présentes sur le marché du carburant.