Licenciement de Philippe Verdier : «un délit d’opinion»

Capture d'écran du trailer du livre de Philippe Verdier Climat Investigation
Capture d'écran du trailer du livre de Philippe Verdier Climat Investigation

Le licenciement du «Monsieur Météo» de France Télévision, auteur du livre Climat Investigation à un mois de la conférence sur le climat (COP21), fait polémique. Pour le directeur des éditions Ring, David Serra, il s’agit clairement de censure.

«Je l’ai ressenti comme un délit d’opinion pur et simple», a déclaré à RT France l’éditeur de Philippe Verdier. Je ne connais pas le contenu de la lettre – je ne sais pas exactement ce qui est reproché à Philippe Verdier, mais mon intuition me dit que c’est totalement dérisoire», s’indigne-t-il. 

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Pour lui, le livre a mis le doigt sur «un enjeu de communication énorme pour le gouvernement» qui est la COP21, ainsi que «des enjeux financiers monstrueux» d’où une telle réaction de l’establishment. La polémique arrive quand on atteint son cible. «Avec ce livre on s’attendait à une polémique mais qu’on arrive à un licenciement… C’est la démonstration qu’il y a un vrai problème idéologique en France», déplore l’éditeur.

Cependant, le plus scandaleux de cette histoire pour David Serra est le «kidnapping sémantique» : «On a fait passer Philippe Verdier pour un climato-sceptique, ce qu’il ne l’est pas. On peut dire qu’il est climato-réaliste», explique l’éditeur en soulignant que l’auteur du livre ne nie pas le réchauffement climatique mais reste sceptique sur la COP21. David Serra estime que certains journalistes français ont désinformé afin de décrédibiliser le rôle de Philippe Verdier ainsi qu’invalider son livre et son enquête.  

Pour lui, la méthode des journalistes est simple : catégoriser parmi les sceptiques et les infréquentables ou alors «diaboliser ou simplement ridiculiser» : «Ces gens se voient comme des salonards, des rebelles de salon qui en réalité sont des larbins besogneux de la pensée unique». Une autre façon - l’amalgame avec ceux que ces journalistes considèrent comme ennemis. «En réalité on tape sur ceux qui sont audibles – le livre de Philippe Verdier est un bestseller, se dirige vers des ventes assez importantes», explique David Serra.

L’éditeur évoque une bataille d’idées sur les questions de climat mais si certains considèrent que Philippe Verdier a menti – il suffit d’avoir un avocat et porter plainte. «Il n’y en a eu aucune», martèle-t-il.

David Serra soulève un autre enjeu de la société française qui s’est cristallisée à la suite des attentats à la rédaction du magazine Charlie Hebdo : «La conséquence des attentats du 7 janvier était le «Je suis Charlie», c’était le slogan de la liberté d’expression, estime David Serra. «Mais on se rend de plus en plus compte que le «Je suis Charlie» c’est «Je suis Charlie si vous pensez comme moi» alors que «Je suis Charlie» c’est une liberté d’expression générale, c’est accepter la parole dissonante.» Ce qui n’est pas le cas avec le livre de Philippe Verdier.

A un certain moment la question du possible licenciement s’est posée et l’éditeur a essayé de persuader Verdier de préserver ses intérêts : «A aucun moment il m’a dit “écoute c’est l’argent qui compte“. Il m’a dit «Mon but c’est de dire la vérité sur la COP21, la cible c’est la COP», confie David Serra.

Et de poursuivre : «J’aime les gens qui luttent contre le conditionnement que ce soit politique ou médiatique. J’aime les gens qui se dressent contre le conditionnement». 

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