Présidente de MSF : Washington ne respecte pas l’accord conclu avec l’ONG sur l’enquête de Kunduz

Survivant au bombardement de l'hôpital de Kunduz Source: Reuters
Survivant au bombardement de l'hôpital de Kunduz

L’ONG Médecins Sans Frontières a lancé une pétition en ligne demandant à l’administration Obama la poursuite d’une enquête impartiale sur la tragédie de Kunduz. La présidente de MSF estime que Washington a de sérieuses explications à livrer.

RT : D’après les Etats-Unis, le bombardement a été un accident. Croyez-vous qu’ils pourraient changer leur position si l’enquête indépendante que vous exigez parvient à une autre conclusion ? 

Meinie Nicolai : Premièrement nous voulons savoir ce qu’il s’est passé exactement et ensuite à quel point c’était «accidentel» puisque c’est un grand incident pour sûr et une violation au droit humanitaire international. Ainsi, nous voulons qu’une investigation impartiale soit menée pour constater les faits et comprendre les raisons. Et ensuite nous jugerons.

Comme la plupart des forces armées, et il faut être clair sur ce point, il ne s’agit pas que des troupes américaines qui bombardent les hôpitaux. Mais selon la Convention de Genève, les centre de soins médicaux et les hôpitaux représentent des sites protégés, qui ne doivent pas être ciblés au cours d’une guerre.

Mais il semble que les règles de la guerre ont changé, le personnel médical est ciblé de plus en plus. Et c’est un incident significatif où tout un hôpital, accueillant plus d’une centaine de patients, a été bombardé. Et ce n’est pas le seul cas. Nous voulons également que tous les militaires renouvèlent leur engagement devant la Convention et confirment ainsi que les hôpitaux sont des endroits qu’on ne peut pas toucher.

 

RT : Le 15 octobre, l'armée américaine a forcé l'entrée de ce qui restait de l'hôpital de Médecins Sans Frontières. Est-ce que Washington a expliqué cette intrusion ?

Meinie Nicolai : Non, ils ne nous ont pas donné d’explication sur cette intrusion effectuée par un véhicule armé qui a pu détruire des possibles preuves. Nous aurions dû être informés de cette visite. Mais cela n’a pas été fait. Ainsi, cela montre que l’accord atteint sur cette enquête n’a pas été respecté.

 

RT : La localisation de l’hôpital était connue de l’armée américaine. A quel point l’explication fournie par Washington, indiquant que c’était une erreur, est-elle convaincante ?

Meinie Nicolai : Cela ne nous convainc pas. Nous avions fournis toutes les coordonnées. C’était un hôpital qui était ouvert depuis quatre ans. Et de dire aujourd’hui que ce n’était qu’une erreur, et qu’une autre cible était en fait visée, cela reste difficile à croire.

Ils ont leur propre enquête en cours, mais nous demandons à ce qu’une enquête impartiale et indépendante soit également menée.

 

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