«La position du gouvernement britannique sur la Syrie est bordélique, chaotique et absurde»

Philip Hammond, secrétaire d'État britannique des Affaires étrangères © Suzanne Plunkett Source: Reuters
Philip Hammond, secrétaire d'État britannique des Affaires étrangères

Des combattants modérés sont une fantaisie que le gouvernement britannique doit abandonner. Il doit analyser objectivement la situation en Syrie et arrêter de prendre ses désirs pour la réalité, estime l’ancien ambassadeur britannique en Syrie.

RT :Dans l’une de vos dernières interviews, vous avez qualifié le Premier ministre britannique de «gaffeur en série». Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?

Peter Ford (P.F.) : Commençons par la Syrie. Le gouvernement britannique prédit la démission imminente du président Bachar el-Assad depuis cinq ans. Maintenant, j’ai peur que le gouvernement britannique soit dans une situation où il soutient des groupes djihadistes qui essaient de frapper d’autres groupes djihadistes. C’est bordélique, chaotique et absurde.

En pratique, tous les groupes armés d’opposition en Syrie sont des radicaux islamistes, soit Daesh, soit interchangeable avec Daesh. L’idée qu’il y a un groupe fort de combattants modérés est une fantaisie que le gouvernement britannique doit abandonner, il doit procéder à une froide analyse objective de la situation en Syrie et arrêter de prendre ses désirs pour la réalité. Il ne semble pas vouloir admettre qu’il soit nécessaire de faire un choix difficile entre souhaiter la survie du gouvernement actuel et le désastre de voir la Syrie passer complètement sous le contrôle des islamistes.

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RT : La Grande-Bretagne a abandonné ses demandes en vue d’un départ immédiat d’Assad. Est-ce que cela signifie que le Royaume-Uni pourrait travailler avec Assad, au moins à court terme ?

P.F. : Je pense que le gouvernement britannique essaie discrètement de faire marche arrière après s’être empêtré dans cette situation. Maintenant, il recommence à parler de se joindre à Assad pour une période dite de transition. C’est légèrement mieux qu’il y une semaine, quand le mantra de David Cameron était : «Assad doit partir». Mais cela ne prend pas en considération la réalité, à savoir qu’il n’y a pas d’autre alternative. Avez-vous remarqué que le gouvernement est prudent au point de ne pas dire qui il verrait succéder au régime actuel ? Pourquoi ? Parce qu’il n’en a aucune idée.

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